Notice de S. Élisabeth-de-la-Trinité, sjm (Yvette Beauregard)
»»Puisse le Seigneur de la Vie accueillir notre sœur
dans son Royaume de lumière et de paix !
« Celle-ci est ma fille bien-aimée en qui je trouve ma joie » (cf. Mt 17, 5)

Un jour nouveau se lève, 27 septembre 1936. À Saint Damase, une vie nouvelle apparaît. La petite Yvette fait son entrée en ce monde. Elle est plongée dans l’intimité Trinitaire par le saint baptême, dès le lendemain. Elle reçoit les noms de Marie-Thérèse, Pauline, YVETTE. Les parents, M. Laurent Beauregard, et dame Thérèse Gaucher ont fondé leur foyer sur la foi, l’amour, le dévouement au travail et la droiture. Chaque berceau est accueilli avec grande joie comme un présent du Ciel. Yvette est la 2e des six enfants, dont deux se sont envolés pour le paradis, en bas âge. La petite s’épanouit dans ce cadre familial où règnent la paix, la compréhension et le respect de l’autre. Elle garde en mémoire le grand cadre de la Sainte Famille qui les réunissait pour la prière du soir, le mois de Marie, à la Croix du chemin plantée sur leur terre.
Le dimanche, toute la famille se rendait à la messe, suivie du rendez-vous hebdomadaire chez les grands-parents Gaucher.
Dans ses écrits personnels, s. Marie-Élisabeth-de-la-Trinité note des souvenirs d’enfance : « La première visite intime de Jésus-Hostie fait de moi une « humanité de surcroît » à Noël 1942, et je suis confirmée dans l’Esprit, le 7 mai 1944.
À la fin de mes 5 ans, je prends le chemin de l’école du rang, car nous sommes à la campagne. J’y serai fidèle pendant neuf ans.
C’est tout de même là que les premiers appels à la vie religieuse ont retenti. Nous avions la visite d’une jeune sœur de l’Immaculée Conception qui venait nous intéresser à la « Sainte Enfance ». Que de petits païens, j’ai fait baptiser! Toutes mes économies y passaient. »
Au cours de sa 9e année, les parents d’Yvette lui proposent de poursuivre ses études à l’École normale de St-Hyacinthe, dirigée par
les Sœurs de St-Joseph. De 1951 à 1954, elle fait l’expérience du pensionnat. Chaque jour, elle passe du connu à l’inconnu. C’est vraiment un autre monde pour elle. Elle qui n’a que trois frères, elle se retrouve avec 100 jeunes filles. C’est aussi un premier contact avec des religieuses.
Le 1er janvier 1953, elle écrit un message à ses parents pour leur faire part de son désir de devenir religieuse. Tout ému, en la bénissant, son père lui dit : « Ma petite fille, tu vas faire une année d’école ». Plus tard, en elle, s’impose l’appel à la vie contemplative. Elle fait une visite au Carmel, mais en revient déçue. Au cours de l’année, elle reçoit d’une cousine, s. Marie-Bernard, une invitation
au renouvellement de ses vœux, ainsi qu’une bonne documentation SJM. Elle refuse l’invitation, s’intéresse en secret à la documentation, mais, ce n’est pas l’heure! En juin 1955, elle fait sa demande à la Commission scolaire de Granby et y est acceptée. Pendant 6 ans, elle fera l’expérience de l’enseignement au cours élémentaire.
Le désir de la vie religieuse demeure en veilleuse. S. Élisabeth note : un soir de décembre 1960, Jésus m’attendait au presbytère de
la paroisse. Je voulais voir un prêtre et c’est un autre qui m’a reçue. Il a écouté ma demande, ensuite il me pose la question directe :
« As-tu déjà pensé à la vie religieuse? Ah si ! Où voulais-tu aller ? Chez les SJM. Vas-y, ça presse! Je promets d’y aller dès janvier 1961.
Elle y vient donc pour une fin de semaine, et note : « Dès mon entrée à la chapelle, je tombe à genoux devant Jésus-Hostie et j’ai l’impression d’être là depuis toujours! Une rencontre avec le conseil général suit et tout est réglé. Si bien qu’au départ, j’étais admise
au postulat pour le 9 juin suivant. Ma vie n’est plus la même ».
Entrée au monastère le 9 juin 1961, elle suivra toutes les étapes de la formation avec grande fidélité. Elle revêt la livrée des
Servantes de Jésus-Marie le 10 décembre 1961 et reçoit le nom de s. Marie-Élisabeth-de-la-Trinité. Elle émettra ses premiers vœux
le 10 décembre 1963, et ses vœux perpétuels en 1968.
Le Bon Maître fut très généreux envers sœur Marie-Élisabeth. Elle est comblée de nombreux talents; il n’y rien à son épreuve. Elle est une religieuse consciencieuse, volontaire, généreuse, aimable. Sa démarche nous révèle un caractère énergique, mais qui n’enlève rien à sa délicatesse et son exquise sensibilité.
Le service divin est son avant toutes choses. Elle est d’abord adoratrice de son Jésus-Hostie à qui elle a donné son cœur.
Son service fraternel est aussi à l’honneur. Le travail ne lui fait pas peur; elle est disponible pour tout. Nous la verrons œuvrer comme cuisinière, confection des hosties, couture, ménage, etc. Plus tard, elle assumera les responsabilités d’assistante,
de secrétaire locale et générale, responsable de la communauté locale, directrice des servants d’autel, rédaction du journal communautaire.
Elle aura à vivre plusieurs obédiences qui la transfèreront d’un monastère à l’autre. Quelques fléchissements de santé viennent ralentir ses activités. Le 20 août 2012, elle a son obédience pour l’infirmerie communautaire. Le 18 septembre 2014, elle est accueillie avec beaucoup d’amour chez les S.C.O. au Mont St-Joseph afin d’y recevoir les soins spécialisés que requiert son état
de santé.
Nous gardons de notre sœur Marie-Élisabeth le souvenir d’une Servante de Jésus-Marie fervente et exemplaire. C’est un plaisir
de la visiter souvent au Mont St-Joseph.
Elle décède le 8 mars, vers 18h, 2e dimanche du carême. Comme nous le présente l’Évangile du jour, à la suite de Jésus,
S.. Élisabeth vit sa propre transfiguration. Les funérailles sont présidées par notre Père aumônier, Mgr Jean-Charles Dufour, P.H.,
le 13 mars. L’inhumation suit immédiatement au cimetière Notre-Dame de Gatineau. Plusieurs membres de sa famille viennent
lui rendre un dernier hommage.
Nous ne doutons pas que S. Marie-Élisabeth-de-la Trinité continuera de veiller sur nous et de nous être unie en Jésus-Marie.
« Seigneur reçois-la dans ta lumière auprès de Toi! »
