Notice de S. Denise Lacasse, sjm (S. Marie-du-Coeur-Immaculé)

« Une vie est une œuvre d’art, il n’y a pas de plus beau poème que vivre pleinement. »
(citation de Georges Clémenceau)


Notre sœur Denise goûte à cette vie pleine, d’abord en devenant enfant de Dieu le 2 octobre, jour de son baptême à la paroisse Notre-Dame d’Ottawa. Elle est la première joie de ses parents, M. Aurèle Lacasse et Madame Pauline Desjardins. L’aînée de la famille voit le jour le 26 septembre 1938.  Le prénom choisi, « Denise », signifie en lui-même « fille de Dieu ».

La petite Denise voit naître après elle, deux frères : Robert et André, et deux sœurs : Pierrette et Claire.  Sa vie d’enfance est heureuse, elle affectionne particulièrement sa tante Laurette qui ne manque pas de la gâter et qui est pour elle une deuxième mère. 

Notre sœur tend déjà de tout son être vers cet idéal de fille de Dieu. Sa jeune enfance baigne dans l’amour, l’énergie, l’élan, la joie, la piété

Notre Denise est vive, éveillée, intelligente et pieuse. Déjà à 3 ans, à l’église, elle chante avec allégresse « Glo-Glo-Glo-Gloria », ça promet!  La musique et le chant l’entraînent dès lors.  Un talent pour le chant se dessine! Elle est pleine de vie cette petite!

 

Sa piété se laisse voir très tôt chez elle.  À peine âgée de 4 ans, elle veut panser les plaies de Jésus en croix.  Grâce à ses économies, elle se procure du parfum pour le petit Jésus dans la crèche.  Aussi, c’est avec un cœur bien dévot qu’elle reçoit Jésus pour sa première communion, le 12 mars 1946. On peut deviner qu’il en est de même pour sa confirmation et sa communion solennelle. Sa dévotion à Marie ne fait que s’accroître avec les années.

Adolescente, elle visite les personnes âgées de l’Hospice tous les dimanches.  On voit poindre dès ce temps son attrait pour les personnes âgées et les malades. D’un caractère délicat et aimable, elle se plaît à les divertir, surtout les plus esseulés. Tous les jours, elle assiste à la messe. Jésus infuse en elle sa tendresse, son souci de l’autre.

Elle pratique tous les sports possibles : patin, raquette, traîneau, équitation, bowling, bicyclette, natation.  Elle apprend même à conduire l’auto.  Au pensionnat, du couvent de la rue Rideau, avec les Sœurs de la Charité, elle s’avère une élève studieuse, le succès lui sourit. Elle est captivée par la lecture.

Maintenant, elle intègre le marché du travail.  Bilingue, elle trouve un bel emploi à la résidence du gouverneur général, puis à l’hôtel de ville. On peut en déduire, qu’elle est douée de belles qualités d’entregent, d’accueil, de politesse, de tact.  

Sa vie trépidante ne l’empêche pas d’entendre la voix de l’Époux qui l’appelle. Elle entre chez les SJM le 9 juin 1960.  Au moment de sa vêture, le 10 décembre 1960, elle choisit et reçoit le nom de Sœur Marie-du-Cœur-Immaculé.  Après les années de formation, l’alliance définitive est scellée le 10 décembre 1967.

Au sein de la communauté, elle devient infirmière qualifiée et est appréciée des médecins. Elle soigne ses sœurs avec amour, bonté, dévouement, d’un cœur très fraternel. Elle se spécialise dans le soin des pieds et se dépense pendant 50 ans dans cet office.  Elle est passionnée par ce travail si utile, bienfaisant pour ses sœurs.

Sa disposition pour la musique et le chant est un atout pour la communauté, tant comme directrice de chant que pour l’animation des congés communautaires.  Étant une comédienne exceptionnelle, elle est très sollicitée pour jouer dans les saynètes.  Les récréations sont très animées grâce à des histoires qu’elle accompagne de ses mimiques. Elle crée un climat joyeux qui fait le bonheur de ses sœurs. On estime aussi ses accords à la guitare.

Pas étonnant qu’avec toute cette vitalité, on la retrouve 1ère assistante en 1980, au Nazareth Sacré-Cœur de Longueuil.

Grâce à son talent d’écriture, on lui confie la correspondance française et anglaise. Elle aime tout faire et aime rendre service ici et là. Les sujets de conversations ne manquent pas en sa compagnie, elle dévore livre sur livre.

On la nomme assistante à l’infirmerie de 2004 à 2010 et responsable à l’infirmerie communautaire de 2013 à 2019.

Avec les malades, elle porte attention à valoriser les talents de chacune. Elle aime leur donner des gâteries aux fêtes communautaires. Elle partage avec elles sur la liturgie, les nouvelles de la communauté, sur les cassettes écoutées ensemble.    

Sœur Denise a de la difficulté à concilier les visions différentes des personnes et est encline à la critique.  Elle en souffre la première et c’est aussi une cause de souffrance pour ses compagnes.  Belles occasions de pardons mutuels.

Puis, une grande épreuve survient : graduellement, sa vue baisse.  Tout est tenté pour sa guérison, mais en vain. Elle devient aveugle après plusieurs traitements et opérations. Sa croix est lourde à porter, car elle ne peut plus lire, ni même regarder la liturgie sur Internet. La surdité s’ajoute à cette dure épreuve.  Il devient très difficile de communiquer avec elle.

N’ayant plus aucun repère pour se situer, elle abandonne et ne veut plus manger.  Alors son état se détériore.  Elle ne semble plus prendre goût à rien. Ainsi le poème de sa vie s’étiole ici-bas, car maintenant, elle s’achemine vers la vie en plénitude, l’éternité.

Le 7 mars, vers 7h30, on se rend compte de son décès.  Elle expire dans son sommeil, peu après 5 heures du matin après la tournée du personnel. 

Les funérailles sont présidées par M. l’abbé Yves Mayer, jeudi le 13 mars. Son frère André, sa nièce Hélène, et plusieurs amis/amies viennent lui rendre un dernier hommage.