Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 28 juillet 2023 – Matthieu 13, 18-23
On se retrouve à nouveau devant la célèbre parabole du semeur.
On peut dire que, dans cette parabole, Jésus nous raconte l’expérience qu’il vit dans sa prédication.
Lui, le semeur, il répand la Parole de Dieu partout, comme une semence. Il constate que les résultats varient en raison de l’accueil qu’on fait à sa Parole.
Il y a ceux qui écoutent la Parole d’une manière superficielle sans vraiment l’accueillir.
Il y a ceux qui l’accueillent tout de suite, mais ils manquent de persévérance et finissent par tout perdre.
Il y a ceux qui entendent la parole, mais qui se laissent dominer par les préoccupations ou par les séductions du monde.
Enfin il y a ceux qui écoutent de façon réceptive comme cette bonne terre qui accueille la semence et lui permet de produit du fruit en abondance.
Ce n’est pas toujours évident comprendre une parabole.
Les prophètes, parfois, faisaient des gestes étonnants qui amenaient les gens à leur poser des questions; Jérémie utilisait une ceinture pourrie, il parlait d’une cruche brisée.
C’est ce que Jésus désire! Il veut attirer l’attention, stimuler les gens à chercher à comprendre pour qu’ils en arrivent à prendre la décision de le suivre.
Saint Jean Chrysostome écrit : « Jésus a prononcé ces paroles dans l’intention d’attirer à lui ses auditeurs et de les stimuler en leur assurant que s’ils s’adressent à lui, il les guérira »
En nous expliquant la parabole du semeur, il me semble que Jésus veut nous aider aussi à prendre conscience des fragilités qui sont dans notre cœur.
Il y a en nous des bords de chemin où la Parole de Dieu est piétinée et risque d’être écrasée;
il y a en nous des zones de cailloux où la Parole peut se dessécher bien vite par manque de profondeur;
il y a des endroits prometteurs et fertiles, mais des ronces risquent d’épuiser le sol de notre cœur et d’étouffer la Parole.
Heureusement, il y a aussi en nous de la bonne terre où la semence peut grandir et donner du fruit.
Au fond, la vraie « Parabole » de Dieu, c’est Jésus lui-même.
Jésus, sous le signe de son humanité, cache et révèle en même temps sa divinité. De cette façon, Dieu ne nous oblige pas à croire en lui, mais il nous attire à lui par la vérité et la bonté de son Fils incarné.
Demandons à Dieu, ce matin, de nous donner la grâce d’accueillir sa Parole, de l’écouter et de la mettre en pratique.
Essayons sans cesse de donner à Dieu la place qui lui revient, la première, en lui offrant dans nos prières chacune de nos activités quotidiennes.
Et que la Vierge Marie nous aide à être, comme elle,
« cette bonne terre »
où la semence puisse porter beaucoup de fruits.
