Mgr J-C. Dufour – 30 mai 2015 – Jean 15, 9-17

Mgr Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 30 Mai 2015 – Messe jubilaire

( Jean 15, 9-17 )

 

« Vous ferez cela en mémoire de moi.» Parole de la consécration qui habite toute la liturgie de l’Église habitée par un besoin de faire mémoire : mémoire des paroles, des faits et gestes de Jésus, de tout ce que l’Esprit de Jésus a fait et réalisé en elle depuis le jour de sa naissance, et ce, sans oublier les événements qui nous ont profondément marqués dans nos vies, mariage, ordination, profession religieuse, décès et autres. Tout est là dans la liturgie, et pas seulement pour nous souvenir, mais pour réactiver, rendre les faits et gestes du Seigneur dans nos vies.

C’est-ce que nous faisons ce matin! Nous faisons mémoire de la profession religieuse de trois d’entre nous en célébrant leur jubilé: le 25e de S. Sylvie de l’Immaculée, le 50e de S. Louisette et, c’est quelque chose, le 75e de S. Georgette.

Quand on est jeune, on se préoccupe de notre avenir, de la place que nous occuperons dans la société, de l’état de vie à choisir. Et probablement marquées par des témoins, vous avez songé à la vie religieuse. Vous avez réfléchi, pesé le pour et le contre, pris conseil auprès d’un prêtre la plupart du temps et finalement, vous avez décidé de joindre la communauté des Servantes de Jésus-Marie.

Des années plus tard souvent, en méditant là-dessus, sur les événements qui ont jalonné notre vie, événements parfois inattendus, on arrive à prendre conscience qu’on n’était pas tout seul, qu’il y avait Quelqu’un avec nous qui nous travaillait de l’intérieur, qui nous appelait, que l’Esprit de Jésus nous habitait. Et alors, on arrive à se dire que c’est un vrai miracle d’être ce qu’on est aujourd’hui. Je peux vous dire que j’en suis arrivé à cette conclusion pour moi. Il me semble que c’est ça aussi « faire mémoire ».

Et prenant conscience de tout ce que le Seigneur a fait dans nos vies, on ne peut faire autrement que de jubiler, d’expérimenter une joie profonde qu’on a besoin de vivre avec nos proches. Tous les anniversaires, quels qu’ils soient, sont marqués par un besoin d’être ensemble, un besoin de partager avec d’autres dans des rassemblements et en communauté.

Jésus vient de nous dire: « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés »,Jésus qui a goûté à l’amour du Père, a voulu nous faire goûter à ce même amour. « Je ne vous appel/e plus serviteurs, mais mes amis parce que tout ce que rai appris de mon Père, je vous rai fait connaître. » Faire mémoire, c’est nous rappeler que Jésus nous a fait goûter à son amour et qu’il ne cesse de le faire pour son Église, pour chacun et chacune de nous, et en particulier pour celles que nous fêtons aujourd’hui.

Et s’il nous fait goûter à son amour, c’est pour que nous le fassions goûter aux autres, nous aussi, en particulier à ceux et celles qui partagent notre vie. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure », C’est ce que vous avez choisi de vivre dans une communauté bien concrète qui porte des couleurs particulières.

Ce matin, nous faisons mémoire de votre Mère Fondatrice, Mère Marie-Zita- de Jésus, décédée le 30 mai 1903, elle a vécu « Une vie livrée dans l’amour, jusqu’au bout ». « Qu’il me soit permis, disait-elle d’être seulement la servante de mes sœurs. » « Mère attentive et délicate, modèle de courage et de foi : servante dans la force du terme, rayonnant dans tout son être la présence de Jésus, qu’elle adore avec tant de joie et d’amour sous le voile de l’Hostie.

Cet amour de Jésus à faire goûter aux autres, vous le vivez en communauté. Ce n’est pas la perfection bien sûr! Mais il y a un petit quelque chose que j’ai le goût de vous dire. Quand je regarde la manière de vivre des gens dans notre monde, j’en arrive de plus en plus à la conclusion que la vie communautaire, c’est un vrai cadeau, une grâce.

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »,comme j’ai aimé l’aveugle de Jéricho, la Samaritaine, Zachée, Pierre et bien d’autres en les accueillant comme ils étaient, en les accompagnant pour qu’ils puissent aller plus loin. Ce n’est jamais fini! J’aime beaucoup cette pensée qui dit: « Dieu t’aime tel que tu es; mais il refuse de te laisser comme ça! Il te veut plus heureux, plus libre, plus saint. « 

« Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. « Chères jubilaires, avec vos sœurs, vos amis, je vous porte dans ma prière aujourd’hui. Avec vous, nous rendons grâce au Seigneur pour tout ce qu’il fait déjà en vous et pour ce qu’il veut poursuivre en vous. Puisse-t-il vous garder « en jubilé », dans la joie de votre profession religieuse.