Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 22 mai 2023 – Actes 19, 1-8 et Jean 16, 29-33
Pendant les quelques années qu’ils ont vécu avec Jésus, les apôtres ont eu à accomplir des actes de foi, on pourrait dire, de plus en plus difficiles.
On peut penser à leur question lors de la multiplication des pains, « Qu’est-ce que c’est pour tout ce monde? », à la tempête quand ils croient voir venir un fantôme marchant sur l’eau, au discours de Jésus sur le pain de vie, à leur fuite lors de la passion.
Ils s’étaient fabriqués une autre idée du messie. Jésus n’était pas celui qu’ils avaient toujours imaginé.
On peut imaginer que les nuages se faisaient de plus en plus épais sur leur chemin.
Mais tout à coup, ils ont l’impression de comprendre quelque chose. Ils nous le disent : « Tu parles ouvertement, sans employer de paraboles ». On comprend, c’est clair et net. On sait maintenant que tu connais toutes choses, nous croyons que tu es venu de Dieu, nous savons bien qui tu es.
Et Jésus de rétorquer « Maintenant vous croyez! Vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ».
Mais après la résurrection, le jour de l’Ascension, Jésus leur fait une promesse qu’on trouve dans l’antienne d’ouverture : « Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous; vous serez alors mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre. »
Ensuite, ils partirent et montèrent à la chambre haute où ils avaient l’habitude de se tenir. Il y avait là les apôtres, avec des femmes, avec Marie, la mère de Jésus. « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. »
Nous prions, nous aussi aujourd’hui : « Seigneur, nous t’en prions : que vienne sur nous la force de l’Esprit saint, pour que nous puissions garder fidèlement ta volonté et la traduire en acte par une vie fervente. »
Et nous avons bien raison de prier ainsi.
On nous raconte dans la première lecture que lorsque Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit saint vint sur eux.
Et dans l’évangile, on voit bien que l’Esprit a déjà commencé à travailler concrètement sur les disciples alors même que Jésus est encore avec eux.
Grâce à l’Esprit, ils commencent à comprendre. C’est un beau signe.
Et puis, on voit bien que Jésus n’abandonne pas ses apôtres dans les ténèbres, il ne les met pas au défi de faire la preuve de leur foi.
Quand il leur dit « Je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi », il leur dit en même temps que le Père est présent auprès de ses enfants quoiqu’il arrive.
La foi qui réjouit Jésus, c’est celle que l’Esprit Saint nous donne
quand nous décidons de nous abandonner joyeusement au Père comme lui,
quand nous comptons sans cesse sur sa présence,
quand nous nous en remettons à lui pour connaître le bonheur
qui nous permettra de vivre pleinement dans la paix que le Christ nous promet.
