Mgr J-C. Dufour – 13 avril 2023 -Jeudi de Pâques – Luc 24,   35-48

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 13 avril 2023 – Jeudi de Pâques – Luc 24,   35-48

 

Il y a un jeune qui écrivait : « Il y a des moments dans ma vie où je prie avec intensité, avec la certitude que Jésus est bien présent ; c’est un bonheur profond qui m’inonde de joie.  Mais le lendemain,  je me dis « Tu as rêvé ! Tu es toujours le même, aux prises avec les difficultés de la vie. »
Vous avez peut-être vécu des expériences semblables : de beaux moments de prière et puis des périodes de désert.
On ressemble aux apôtres de l’Évangile qui, voyant Jésus, croyaient voir un esprit, un fantôme.
On se dit que c’était trop beau pour être vrai !

On peut être jaloux des disciples !
On pense qu’ils ont été chanceux eux autres !
Ils l’ont vu !
C’était facile pour eux autres de croire !
Pourtant, ce n’est pas le fait de voir Jésus qui leur a permis de croire.
Jésus a eu beau leur montrer ses mains et ses pieds, « ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement », nous dit Saint Luc.
Ce qui leur a permis, ce qui nous permet de croire, de reconnaître Jésus, c’est le souvenir de ce qu’ils avaient vécu avec Jésus.

Pour arriver à croire, il fallait que les apôtres fassent un pas de plus.
Jésus leur dit : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous ».
Il fallait qu’ils fassent un lien entre celui qui se manifestait à eux et celui avec lequel ils avaient vécu, qu’ils avaient entendu dans les synagogues, au Temple, sur les places publiques.
Ce qui va faire passer les apôtres à la foi, c’est l’intelligence des Écritures. Il fallait qu’ils relisent la vie, les actes et les paroles de Jésus à la lumière des Écritures pour en arriver à comprendre que celui qui se montrait à eux dans l’évangile était bien le même que celui qu’ils ont connu.

Et alors, nous dit l’Évangile, Jésus « leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures ».
C’est pas de la magie !
Jésus prend le temps de leur expliquer, comme il l’avait fait pour les disciples d’Emmaüs, que tout ce qui est arrivé avait déjà été écrit dans la Bible : la Loi de Moise, les prophètes et les psaumes. « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous pendant qu’il nous parlait sur la route ! ».
Saint-Pierre dit exactement la même chose dans sa 2e lettre en disant : « Bien-aimés, voici déjà la deuxième lettre que je vous écris. Dans l’une et dans l’autre, je fais appel à vos souvenirs pour éveiller en vous une intelligence claire. » (2 P 3,01)

« Rappelez-vous les paroles que vous ai dites quand j’étais encore avec vous ».
Rappelez-vous !
Au moment de la consécration, je vais redire une parole de Jésus : « Vous ferez cela en mémoire de moi. »
Il faudrait prendre le temps, de temps en temps, de laisser remonter dans la mémoire de notre cœur, une scène d’Évangile, une parole de Jésus qui nous a particulièrement réchauffé le cœur à un moment donné dans notre vie, qui nous a remonté le moral comme on dit, qui nous a remis debout.
On dit que les chrétiens sont des êtres de mémoire.

Ravivons notre mémoire, c’est une belle manière de fortifier notre foi.