Mgr J-C. Dufour – 4 novembre 2022 – Philippiens 3, 17-4,1

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 novembre 2022 – Philippiens 3, 17-4,1

 

Pendant qu’il est prisonnier à Rome, saint Paul écrit une lettre à la communauté des chrétiens de Philippe.  Malmené, il avait dû quitter la ville n’y laissant qu’une toute petite communauté.  Mais il se sentait particulièrement attaché à cette église.  Il est resté en liens constants avec elle.

On le voit dès le début de sa lettre aux Philippiens.  Il écrit : « Je vous porte dans mon cœur…Oui, Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus. »   C’est en raison de cette affection qu’il peut leur dire : « Imitez-moi ».
Ce n’est pas sa personne qu’il veut qu’on imite, mais sa foi, sa confiance dans le Christ.  Il pouvait leur écrire :
« En effet, pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage. »

Je disais tantôt qu’il avait été malmené.  Pendant qu’il était là, dans la ville de Philippe, il avait rencontré beaucoup de difficultés.  Aussi, il met ses lecteurs en garde contre les agitateurs judaïsants.  En plus, il y avait des personnes aussi qui préconisaient une vie libertine, des personnes qui donnaient de mauvaises exemples de vie, qui étaient de moralités douteuses.  On pouvait remarquer dans la lecture qu’il résumait tout cela dans un raccourci très dur en écrivant : « Leur dieu, c’est leur ventre. »  « ils ne pensent qu’aux choses de la terre », dit-il.  Leur  vie spirituelle est tourné vers le bien-être seulement;  elle était faites de pratiques mais sans y mettre le cœur.

En écrivant aux chrétiens de Philippe, Saint Paul nous pose aujourd’hui des questions.
Quelle place prennent les choses de la terre, les choses matérielles dans notre vie personnelle?
Quelles sont les choses nécessaires dans notre vie mais qui risquent de limiter notre horizon?
Quelles sont mes pratiques privées de la présence du cœur?

Paul nous encourage à nous ouvrir à un autre horizon, à un horizon qu’il appelle les cieux, et plus encore le Seigneur Jésus Christ.
Il nous invite à entrer dans un autre monde, vers le monde de Jésus, vers son corps de Ressuscité,  son corps glorieux, capable de transformer nos pauvres corps.
Saint Paul en avait fait l’expérience sur le chemin de Damas.

Juste un peu, avant la lecture d’aujourd’hui, saint Paul écrit :
« Frères, … Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant,  je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. »
C’est le message que l’apôtre Paul nous lance aujourd’hui.