Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 17 octobre 2022 – St Ignace d’Antioche – Éphésiens 2, 1-10
Saint Paul vient de dire aux Éphésiens et à nous aussi : « Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés ».
Dire que Dieu est riche en miséricorde, c’est une façon de dire que Dieu nous aime comme une mère, comme un père. C’est une invitation à nous débarrasser des fausses images du Dieu de l’Ancien Testament, d’un Dieu exigeant et dur, à cause d’une lecture superficielle de la bible ou d’idées héritées d’on ne sait où. Ensuite, c’est une invitation à entrer en action de grâce et en contemplation devant ce Dieu qui est père et mère envers moi.
Et comment se manifeste une miséricorde aussi forte?
Dans l’extrait de la lettre aux Éphésiens que nous avons aujourd’hui, quatre fois, saint Paul nous parle de la vie « avec le Christ » ou « dans le Christ Jésus ».
Qu’est-ce que nous donne le Père dans le Christ Jésus?
Il nous donne la vie à nous qui étions morts. Il nous la donne gratuitement, gracieusement, par la seule force de l’amour.
Il nous la donne par sa bonté. Ça ne vient pas de nous, ça vient de Dieu, c’est un don de Dieu.
Laissons nous porter par ces mots qui caractérisent Dieu : miséricorde, amour, grâce, bonté, don…
Et que nous est-il demandé à nous?
La foi, la confiance en Dieu.
Saint Paul nous dit : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu. Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. » Ça ne vient pas de nous tout seul. La bonté miséricordieuse de Dieu nous est donnée.
Finalement, comme nous le dit la dernière phrase : « Il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes. »
Comment ne pas penser à la création de monde où, à la fin de chacune des journées, « Dieu vit que c’était bon ».
Le Christ nous donne de pouvoir réaliser des œuvres bonnes à la manière de Dieu. Vraiment « Dieu est riche en miséricorde ».
Nous fêtons aujourd’hui St Ignace d’Antioche, évêque, martyr et Père de l’Église. Il écrivit des lettres qui sont poignantes dans leur confession d’une foi inébranlable, pour la joie qu’elles expriment et pour l’imitation de Jésus-Christ qu’elles proposent à tout chrétien. Il disait : «Il n’y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais une eau vive qui murmure et dit en moi: ‘Viens vers le Père’.» Il avait sûrement fait une expérience très forte de la miséricorde du Seigneur.
Et comment ne pas nous rappeler de ces mots du pape François à l’ouverture du JUBILÉ DE LA MISÉRICORDE. Je le cite :
« Chers frères et sœurs, je me suis souvent demandé comment l’Église pourrait rendre plus évident sa mission de témoin de la miséricorde. C’est un chemin qui commence par une conversion personnelle, et nous devons faire ce chemin. Je suis convaincu que toute l’Église, qui a tellement besoin de recevoir la miséricorde, parce que nous sommes pécheurs, pourra trouver dans ce jubilé la joie de découvrir et rendre féconde la miséricorde de Dieu, à travers laquelle nous sommes tous appelés à donner de la consolation à tout homme et femme de notre temps.
N’oublions pas que Dieu pardonne tout et Dieu pardonne toujours. »
