Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 12 octobre 2022 – Luc 11, 42-46
Saint Paul, dans l’épitre aux Galates pose clairement la question : par qui ou par quoi vous laissez-vous conduire dans votre vie de tous les jours.
Jésus pose une question semblable dans l’évangile : quel est le moteur de nos décisions?
Vivons-nous à la merci de nos désirs ou plaçons-nous notre vie sous le signe de l’Esprit?
C’est vrai que Jésus s’adresse aux pharisiens et aux docteurs de la loi, mais ça ne veut pas dire qu’on s’en sauve. Il s’adresse à nous aussi. Jésus parle d’expérience quand il décrit le comportement des gens autour de lui. Et qu’est-ce qu’il voit? La recherche des places d’honneur, les salutations sur les places publiques, tout ce qui donne de l’oxygène à notre égo. La recherche d’être reconnu, d’être apprécié, ça fait partie de nos vies.
On sait bien comment c’était tout le contraire pour Jésus.
En venant parmi nous, Lui, le fils du Père éternel, a quitté les honneurs qui lui revenaient de droit pour enfouir sa divinité dans la pauvreté de l’humain. Et en le faisant, on peut dire que Jésus a fait en quelque sorte la promotion des petits de son temps, de ceux et celles que les chefs publics et religieux tenaient pour rien en les méprisant souvent. On sait comment il a vécu comme eux et comment il leur a porté attention.
Prenons le temps de contempler Jésus!
Sa manière de vivre nous pousse à nous convertir pour que nos vies ressemblent à la sienne, pour que nous ayons une vie qui proclame Dieu comme lui l’a fait.
Sa manière de vivre peut être tellement riche et valorisante pour nous.
Vivre comme Jésus, c’est vivre sous le signe de son Esprit.
Nous sommes faits pour vivre à la manière de Jésus.
Bien sûr, on n’en fait pas encore l’expérience pleine et entière. On n’a pas encore totalement l’idée de tout ce que ça peut être, et du bonheur qui nous est réservé.
Saint Paul n’hésitait pas à dire que ce que Dieu a préparé pour ceux et celles qu’il aime, ça dépassait totalement tous les désirs qu’on peut avoir.
Saint Ignace d’Antioche a dit quelque chose d’un peu surprenant en nous faisant remarquer que Jésus a su nous révéler sa divinité sans la dire. C’est quelque chose de reconnaître que Celui qui possédait tous les trésors de la sagesse s’est montré sans titre de gloire, sans s’habiller de vêtements somptueux, sans même chercher à être reconnu.
En déclarant malheureux ceux qui disent croire alors que leur vie annonce tout le contraire, Jésus nous invite à faire en sorte que notre vie ressemble à la sienne, que nos gestes correspondent à nos paroles comme ses gestes à lui correspondaient à ses paroles.
Tantôt, dans la prière d’ouverture, nous avons demandé au Seigneur de nous accorder : « la claire vision de ce qu’il doit faire et la force de l’accomplir ».
Dans la prière sur les offrandes, nous demanderons « que cette offrande nous fasse grandir en sainteté »
Que ces mots habitent notre cœur pendant notre méditation aujourd’hui et dans notre prière ce matin.
Et ainsi nous ferons un pas de plus pour que notre vie, aussi humble soit-elle, proclame Dieu à la manière de Jésus.
