Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 22 janvier 2022 – Sainte Marie, mère de l’unité
Depuis le péché d’Adam, le meurtre d’Abel par Cain, l’unité dans le genre humain a toujours été une des grandes misères de l’humanité.
C’est pourquoi Dieu, au cours des siècles, n’a jamais cessé de faire une promesse d’unité.
Par exemple, le prophète Sophonie dira : « en ce temps-là. je vous rassemblerai. » (Sophonie :3,20)
Ézéchiel à son tour, annoncera : « Ainsi parle le Seigneur Dieu. J’irai prendre les fils d’Israël parmi les nations où ils sont allés. Je vais les rassembler de partout et les ramener sur leur terre. » (Ez 37, 21)
Le psaume 31 proclamera : « Annoncez-la dans les îles lointaines : celui qui disperse Israël le rassemblera et le gardera, comme un berger son troupeau. » (Ps 31, 10)
Jésus aussi partageait la promesse de Dieu, c’était même le but de sa venue, de son incarnation. En Jésus, l’unité était un rêve, une promesse et surtout le but de sa venue. Il le disait un jour devant Jérusalem :
« Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! » (Luc 13,34)
J’aime beaucoup cette image que nous donne Jésus.
Juste avant sa Passion, Jésus fait une prière qui nous dit comment il avait l’unité à cœur. À maintes reprises, dans l’évangile, il répète cette prière :
« que tous ils soient un », « qu’ils soient un en nous, eux aussi », « qu’ils soient un comme nous sommes un », « Que leur unité soit parfaite » (Jean 17,20-26)
Finalement, Caïphe prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation et Saint Jean ajoute :
« ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. » (Jean 11,52)
Dimanche dernier, Jésus et Marie se trouvait aux noces de Cana.
Elle parle du vin de la noce, il parle du vin des derniers temps, celui qui rendra l’humanité plein de joie.
Elle conduit Jésus au besoin de ses frères, lui, il la conduit au besoin de Dieu, celui de se donner totalement pour l’unité du genre humain.
Du haut de la croix, Jésus lui a dit en parlant de Jean, voilà ton fils, et à Jean, en parlant de Marie, voilà ta mère.
Au Concile, le pape Paul VI a déclaré qu’elle était Mère de l’Église.
Quelle mère accepterait que sa famille soit divisée ?
En pleine communion avec Dieu et avec son Fils, elle souhaite que ses enfants soient uns, en communion les uns avec les autres.
Dans la préface tantôt, je vais dire :
« Élevé de terre sur la croix, en présence de sa mère, il a rassemblé dans l’unité tes enfants dispersés reliés à lui par les liens de la charité. »
Sainte Marie, mère de l’unité, de l’unité la plus parfaite qu’on puisse concevoir.
Grâce à sa réponse donnée à l’archange Gabriel, c’est dans son sein que le Fils unique a uni sa nature divine à notre nature humaine.
Je le redis, c’est l’unité la plus parfaite.
Comment faire l’unité?
Allons puiser à la source du Cœur de Jésus une disposition infatigable à faire le bien, à produire de la bénédiction en réponse à la malédiction, de la tendresse au cœur de ce monde de loups voraces.
Laissons-nous rassembler dans la douceur par le Cœur doux et humble de Jésus.
