Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 7 mars 2022 – Matthieu 25, 31-46
Hier, Saint Paul disait aux Romains : « Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. »
Ce matin, le psaume nous disait quelque chose de semblable : « Accueille les paroles de ma bouche, accueille le murmure de mon cœur. »
Accueillir la parole, c’est accueillir le murmure de mon cœur. C’est intéressant ! C’est beau !
Dans la première lecture, ce matin, il y avait comme un petit refrain qui revenait à la fin de chaque paragraphe et qui nous disait : « Je suis le Seigneur ».
On comprenait ce que ça voulait dire : « écoutez-moi, je suis le plus grand, le plus fort » comme s’il voulait donner beaucoup de force à ce qu’il nous disait.
En janvier, j’ai fait une homélie sur le mot « Seigneur ». Je vous ai dit à ce moment-là que ce titre était réservé à quelqu’un plus grand que nous, à un supérieur, à une personne qu’on vénère, qu’on honore. Comme les disciples, nous voyons en Jésus un incomparable rabbi, celui qu’on adore comme notre Sauveur et véritablement comme notre Seigneur.
Si, dans la première lecture, nous avons entendu le Seigneur nous dire « Je suis le Seigneur », je pense qu’il vient surtout nous dire aussi :
« Accueille les paroles de ma bouche, accueille le murmure de mon cœur ».
Le Seigneur nous prie d’accueillir le murmure de son cœur, quand il nous demande de ne pas mentir, de ne pas faire de faux serments, de ne pas exploiter notre prochain, de ne pas le dépouiller, de ne pas mettre un obstacle devant un aveugle, de ne pas commettre d’injustice, de ne pas haïr son frère, de ne pas nous venger, d’aimer son prochain comme soi-même.
Ces invitations touchaient des personnes très concrètes, nos compatriotes, le salarié, le sourd, l’aveugle, le faible, le puissant, au fond tout notre prochain.
Si, dans la première lecture, le Seigneur nous invite à écouter le murmure de son cœur, parce qu’il est le Seigneur, ça va encore plus loin dans l’évangile.
Jésus, celui que nous appelons le Seigneur, fait un pas de plus, en nous laissant entendre que tous les pauvres que nous avons rencontrés pendant notre vie, c’était lui.
« J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; j’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade et en prison, et vous m’avez visité. »
Si les deux lectures que nous avons entendues nous révèlent combien est grand l’amour de Dieu pour l’humanité, il faut comprendre qu’en Jésus, Dieu veut nous donner cet amour qui nous permettra de vivre pleinement.
Oui, la Loi d’amour est déjà inscrite dans notre cœur par l’Esprit-Saint.
Nous recevons aujourd’hui un appel très fort à l’amour.
Répondons à cette Loi d’amour en valorisant la vie humaine, en favorisant les conditions qui permettent à chaque personne de s’épanouir pleinement.
Comme dit la méditation du Prions en Église, Dieu nous demande d’être amour, comme lui-même est amour. Il nous voit comme une grande famille appelée à vivre dans le respect des autres. Il sait que nous en sommes capables.
« La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie :
La charte du Seigneur est sûre,
Qui rend sages les simples. »
