Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 mars 2022 – Luc 4, 24-30
Jésus fait une première visite dans la synagogue de son village.
Il se lève pour faire la lecture et lit un texte du prophète Isaïe qui parle d’annoncer la bonne Nouvelle aux pauvres, de proclamer la libération des captifs, d’annoncer aux aveugles qu’ils verront la lumière, de proclamer une année de grâce… En terminant cette lecture, il ajoute : « Aujourd’hui, cette écriture est accomplie pour vous qui l’entendez. »
Au début : « Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. »
Mais ça n’a pas été long. Tout de suite après, Jésus fait face à l’incrédulité et au scepticisme des siens : « N’est-il pas le fils de Joseph? »
Jésus voit bien ce qui se passe, il est très lucide : « aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. » Il prend le temps de leur rappeler l’expérience des premiers grands prophètes, Élie et Élisée, qui ont vécu la même expérience que lui.
Le prophète Élie vivait à une époque difficile. Le royaume est conduit par le roi Achaz et son épouse Jézabel, une reine étrangère, méchante et vicieuse, qui pousse le peuple à se détourner de Dieu. Elle refuse la parole de Dieu donnée par le prophète. Menacé, Élie doit s’enfuir. Il trouve l’hospitalité en plein territoire syro-phénicien, en plein territoire païen, auprès d’une pauvre veuve en temps de famine. Elle n’a qu’un fils et se dit prête à mourir.
Ensuite Jésus rappelle aussi l’histoire du prophète Élisée, un disciple d’Élie. En son temps, il y avait un général syrien, vraiment un ennemi d’Israël, qui est atteint de la lèpre. Son armée avait capturé une petite Israélite et il l’avait donné à son épouse. La petite captive lui dit qu’en Israël, il y a un prophète qui pouvait le guérir. Le général se met en route dans l’espoir d’être guéri. Après de multiples épreuves et après avoir fait l’épreuve de l’humilité, Naaman est guéri. Il reconnaît que le Dieu d’Israël est le seul vrai Dieu sur la terre.
Avec les prophètes, on découvre que les choix de Dieu sont surprenants et déconcertants : deux païens, une pauvre veuve et une ennemi d’Israël. L’Esprit du Seigneur agit hors frontière, hors norme.
De quoi nous émerveiller et nous laisser illuminer par la liberté de Dieu. Cet évangile nous annonce une nouvelle de la plus haute importance : pour Dieu, il n’y a pas de frontière, pas d’exclus. Le salut de Dieu est offert à tous, même à ceux qui sont loin de lui.
Nous avons à témoigner de cette nouvelle tout au long de notre vie.
Jésus, en rappelant aux siens que le prophète Élie est intervenu auprès d’une veuve étrangère, en leur rappelant l’histoire de Naaman, veut leur faire comprendre et nous faire comprendre que sa Parole est pour tout le monde, pour tous ceux et celles qui veulent bien l’accueillir, qu’ils soient juifs ou païens.
Ce message de Jésus, nous en faisons mémoire dans l’Eucharistie. En prenant la coupe de vin, Jésus déclare : « Ceci est la coupe de mon sang… versé pour vous et pour la multitude. »
Rendons grâce au Seigneur qui veut faire pour nous et pour le monde ce qu’il a fait pour Naaman, nous guérir de nos lèpres et nous faire grandir dans la foi.
