Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 septembre 2022 – Saint Matthieu – Matthieu 9, 9-13
« Il lui dit : « suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. »
Aujourd’hui, nous célébrons la fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste.
Il raconte lui-même sa conversion. Il était assis à son bureau d’impôt et Jésus l’invita à le suivre. « L’homme se leva et le suivit ».
Qu’est-ce qui a bien pu arriver pour que Matthieu se lève aussi vite pour suivre Jésus ?
Il fallait quand même qu’il laisse tout : un bon travail un bon salaire, un bureau, tout ce qui lui appartenait.
Avec lui, le groupe des douze accueille un homme tout à fait différent, tant par son éducation que par sa position sociale et sa richesse. Son père lui fit étudier l’économie afin de pouvoir fixer le prix du blé et du vin ; les poissons que Pierre et André, et les fils de Zébédée, lui apporteraient, et des perles précieuses dont parle l’Évangile.
Et tout de suite après que Matthieu se soit levé pour suivre Jésus, il nous dit :
« Beaucoup de publicains et beaucoup de pécheurs virent prendre place avec lui et ses disciples. »
Était-il poussé par la curiosité devant un tel guérisseur ?
Peut-être ! J’ose croire que c’était autre chose. Je pense qu’ils étaient séduits par l’accueil de Jésus qui se traduisait par la phrase :
« Je ne suis pas venu appeler justes, mais les pécheurs. »
Jésus devait dégager un petit quelque chose qui mettait les publicains et les pécheurs à l’aise, qui faisait qu’ils étaient désireux de s’approcher de lui.
J’ose croire que Jésus devait être ce feu qui réchauffe, auprès de qui il était bon de s’asseoir.
Et pourtant ça en dérangeait d’autres.
« Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Il y a deux choses frappantes dans cette phrase.
Premièrement, c’est frappant de voir les pharisiens s’en prendre aux disciples plutôt qu’à Jésus lui-même.
Deuxièmement, ils s’en prennent à Jésus alors que ce sont bien les publicains et les pécheurs qui se sont déplacés. « Beaucoup de publicains et beaucoup de pécheurs viennent prendre place avec lui et ses disciples. »
Je pense qu’aujourd’hui encore, nous voyons en Jésus un feu qui réchauffe, auprès de qui il est bon de s’asseoir.
Il me semble qu’aujourd’hui Jésus lui-même vient nous dire ce qui lui tient à cœur.
Il continue de nous dire comme hier :
« Allez apprendre ce que signifie :
« Je veux la miséricorde, non le sacrifice. »
En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
