Mgr J-C. Dufour – 9 septembre 2022 – Luc 6,   39-45

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 9 septembre 2022 – Luc 6,   39-45

 

Ce serait tellement facile de faire de la morale à partir de l’évangile, mais j’ai bien plus le goût d’être fidèle à l’évangile qui est d’abord une bonne nouvelle.  L’évangile de ce matin suit immédiatement celui de mercredi dernier qui portait sur les béatitudes. Aussi, à partir de la paille et de la poutre, Jésus pourrait nous livrer une béatitude qui ressemblerait à ceci : « Heureux vous qui avez un regard lumineux, vous connaîtrez la lumière sans fin. »  Si c’est Jésus que nous pouvons d’abord reconnaître dans les béatitudes, je pense que c’est encore lui qu’on peut reconnaître dans la béatitude du regard.

Son premier regard dans l’évangile de Luc, porte sur les deux barques de ses futurs disciples alors que son dernier regard portera sur Pierre qui vient de le renier, un regard de pardon qui appelait à la conversion.
Pensons au regard de Jésus sur la veuve de Naïm, sur Zachée perché dans son arbre, sur Lévi à sa table d’impôt, sur les dix lépreux, sur la femme pécheresse pendant le souper chez Simon, le pharisien, sur la pauvre veuve qui verse deux piécettes dans le tronc du Temple.
Pensons au regard de Jésus quand il lève les yeux vers le ciel pour une prière avant la multiplication des pains, au regard de Jésus sur le paralysé qu’on descend devant lui, un regard qui voyait plus loin que la paralysie.
Le regard de Jésus lui permettait de voir au-delà des apparences.

Dans l’évangile de ce matin, Jésus s’adresse seulement à ses disciples. Il veut les instruire parce qu’il veut leur donner l’intelligence du regard, un regard qui ressemble au sien.

La bonne marque d’un disciple, c’est quand on voit qu’il a le même regard que Jésus, éveillé à la beauté de l’autre.
Ça veut dire qu’il faut apprendre à convertir nos regards, à rompre avec nos tendances à faire porter sur les autres de lourds fardeaux qu’on n’est pas capables de porter nous-mêmes.

Le Christ est toujours en train de former les disciples que nous sommes.
Pour notre bonheur et celui du monde, il nous apprend à regarder comme lui le fait.
C’est le premier ministère qu’il veut nous confier. Il veut que nos yeux lumineux arrivent à rendre compte de l’espérance qui nous habite.
Il nous appelle à offrir au monde un regard qui refuse de s’arrêter au superficiel, un regard qui déverse sur notre monde la lumière qui nous habite.

Comment pouvons-nous offrir un regard qui libère  ?
Comment pourrions-nous y arriver ?
En contemplant le regard lumineux de Jésus sur nous, en le priant de nous libérer d’un regard qui emprisonne.
Le roi Salomon avait demandé à Dieu la sagesse, et sa demande avait plu à Dieu.
Pourquoi ne pas demander un autre trésor à Dieu, le don de son regard miséricordieux ?
Nul doute que cette demande lui plaira !