Mgr J-C. Dufour – 4 juillet 2021 – 14e dimanche ordinaire – Marc 6, 1-6

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 juillet 2021 – 14e dimanche ordinaire – Marc 6, 1-6

 

Ézékiel est appelé par Dieu pour devenir son prophète.
Mais il se sent faible et fragile parce qu’une tâche redoutable l’attend : il est envoyé auprès d’un peuple révolté contre Dieu. Il pense qu’il n’a pas les capacités nécessaires pour réaliser une telle mission. Pourtant il sera un prophète extraor­di­naire, un merveilleux serviteur parce que la force de Dieu sera avec lui.

 

On sait que l’apôtre Paul a converti beaucoup de personnes, fonder de nombreuses communautés chrétiennes. Il a réalisé des choses impressionnantes et il avait toutes les raisons d’être fier de son travail d’apôtre du Seigneur.
Et pourtant, il nous dit aujourd’hui qu’il a une écharde dans sa chair. On ne sait pas ce que c’est, mais on pense qu’il souffrait d’une maladie qu’on ne peut identifier, mais qui l’humi­liait.

Cette épreuve le garde dans l’humilité et la souffrance. Et comme si ce n’était pas assez, il connaît les persécutions, les jalousies entraînées par son ministère font qu’il expérimente la faiblesse. Pourtant, on le sait très bien, lui aussi, comme Ézékiel a été un serviteur extraordinaire parce que la force de Dieu est au cœur même de sa faiblesse pour lui faire faire des merveilles.

 

Et puis il y a Jésus qui parle avec autorité, qui opère des miracles spectaculai­res, qui suscite de l’admiration. Il est le Fils de Dieu, doté des plus grands charismes.
Pourtant, il connaît la faiblesse lui aussi. Sa faiblesse à lui vient des jugements et des critiques des gens, des situations pénibles qu’il doit vivre. Dans son propre village on se pose des questions sur lui. Finalement il sera rejeté et la croix sera le signe de la faiblesse suprême. Apparemment tout est perdu ! C’est la défaite totale ! Mais on sait que la croix deviendra une victoire merveilleuse de la vie sur la mort.

 

Ézékiel, Paul et Jésus nous font découvrir quelque chose de Dieu qui, pour son service, laisse souvent de côté les sages et les puissants pour choisir les petits et les faibles.
Saint Paul pouvait bien dire aux Corinthiens : « Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. (1 Cor 1,25)

 

Il me semble que ces textes viennent nous dire quelque chose d’important.
Il arrive que nous nous sentions faibles, pas aussi productifs comme notre société l’exige, que nous nous sentions petits parce qu’inconnus des grands de ce monde, ou bien qu’on manque de pouvoir.
Les textes d’aujourd’hui viennent nous dire que la force de Dieu rend les plus faibles capables de faire des merveilles.

 

Nous en avons plein d’exemples autour de nous. Un président d’un pays d’Afrique disait : « Nous n’avons pas la puissance d’envoyer des vaisseaux spatiaux vers la lune, mais nous pouvons lancer des fusées d’amour vers tous nos semblables où qu’ils soient ».
Qu’on pense à mère Teresa, une femme bien simple, qui soulevait le monde par son amour incroyable des pauvres.
Qu’on pense à ces bénévoles qui visitent les malades pour leur apporter un peu d’espoir !
C’est plein de ces petits qui sont grands aux yeux de Dieu,  de ces faibles qui sont forts à cause de Dieu.

 

L’Eucharistie est un moment dans notre journée où nous venons prendre des forces.
Aussi, durant notre célébration aujourd’hui, laissons entrer en notre cœur, comme un grand rayon de soleil, la force du Seigneur : c’est elle qui nous rend capables de faire des merveilles.