Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 juin 2021 – Genèse12, 1-9
Dans la première lecture, Abraham s’entend dire « Quitte ton pays », ce qui est sans doute une très bonne traduction et nous l’avons entendu souvent. Mais selon le texte hébreu original, il y a un sens encore plus profond qui signifie « va pour toi ».
C’est certain qu’Abraham était appelé par Dieu à quitter les siens pour s’en aller vers un pays que le Seigneur lui montrerait. Mais ce qu’il lui dit, c’est de le faire pour lui-même, pour son bien. Il faut dire que le père d’Abraham était polythéiste. Quitter son pays et sa famille, ça permettait à Abraham de partir découvrir un Dieu unique, dans un nouveau pays intérieur. Ce serait alors un vrai pèlerinage vers une relation vraie avec le Dieu unique.
Pour lui, tout avait commencé par un appel.
C’est la seule chose qui compte ; ce n’est même pas nécessaire de savoir où il s’en va. Tout le reste est secondaire. Pour lui, la seule chose qui compte est cette parole qui l’a, on peut dire déséquilibré, mis en route. Abraham fait confiance, il s’appuie sur une promesse, et c’est cette promesse qui lui communique son énergie, son espérance, son horizon. La lecture insiste sur le fait qu’il se met en route : « Il s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit… ils se mirent en route… Abraham traversa le pays… puis, de campement en campement, Abraham s’en alla vers le Néguev. » C’est en marchant vers un autre pays qu’Abraham témoigne de la foi qui l’habite. Et ce mouvement n’a pas d’autre explication, pas d’autres raisons que l’appel qu’il a entendu.
Nous pouvons nous reconnaître en lui.
Dans son mouvement de foi, il devient comme un modèle à imiter. Tous les croyants peuvent se reconnaître en lui.
Qui n’a jamais ressenti qu’une parole l’avait rendu différent ?
On est chrétien parce qu’on est habité par une parole qui devient comme notre nouveau pays, notre véritable lieu d’enracinement. Notre Dieu a parlé, nous avons entendu son appel, et nous nous sommes mis en route.
