Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 26 avril 2021 – Notre-Dame-du-Bon-Conseil
En 1467, juste avant la conquête des Turcs, deux gardiens d’une chapelle en Albanie qui vouaient une grande dévotion à Marie se recueillirent au pied d’une image représentant Marie pour lui demander conseil, d’où le nom de Notre-Dame du Bon Conseil.
La Vierge Marie est appelée avec raison « Mère du bon conseil », car elle est la mère du Christ. Beaucoup d’années auparavant, le prophète Isaïe le proclamait : « Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». (Isaïe 9,5) On le voyait déjà dans l’évangile d’hier : Jésus, le bon berger, parle à notre cœur pour que nous vivions de sa vie, de son amour dans la pleine liberté de notre cœur.
Mais pourquoi appeler Marie « Mère du bon conseil » ?
Il faut se demander d’abord qu’est-ce qu’un conseil au sens évangélique ?
C’est une invitation à nous rapprocher de ce que Jésus lui-même a vécu : amour, proximité des pauvres, justice, réconciliation, don total et obéissance au Père. C’est se mettre à l’écoute de Dieu pour se laisser guider par lui. C’est ce que Marie, mieux que quiconque, a fondamentalement fait pendant toute sa vie, surtout quand l’ange lui a demandé d’être la mère du Sauveur. Toutes les décisions de Marie sont prises sont la conduite de l’Esprit de conseil, de l’Esprit Saint.
Dans tout l’évangile de Saint Jean, Marie ne parle que deux fois, et les deux fois, c’est aux noces de Cana.
La première fois qu’elle parle, c’est à Jésus, pour lui indiquer la misère des mariés.
Derrière cette misère des mariés, il faut comprendre toute la misère de l’humanité, en lui disant « Ils n’ont plus de vin », ils n’ont plus rien pour la fête, rien qui puisse les réjouir. Et Jésus lui répond d’une manière étonnante : « Femme, que me veux tu, mon heure n’est pas encore venue. »
Elle, elle parle à son Fils d’un service à rendre aux mariés ; lui, il parle d’un autre service, du service qu’il vient rendre à l’humanité en donnant sa vie. Elle, elle lui parle du vin de la noce ; lui, il parle du vin des derniers temps, de ce vin qui va rendre l’humanité ivre de joie. Marie conduit Jésus au besoin des hommes, et lui, il conduit Marie au besoin de Dieu, besoin d’un Dieu qui veut se donner totalement.
Dans la deuxième parole qu’elle dit ce jour-là, on voit bien que Marie a compris le besoin de Dieu,
elle donne aux serviteurs et par le fait même, elle nous donne à nous un précieux conseil : « Faites tout ce qu’il vous dira ». C’est le plus grand conseil qu’on puisse donner à quelqu’un. Le plus grand désir de Marie, c’est de nous donner ce qu’elle-même a découvert. Son plus grand conseil, c’est de faire ce que Jésus nous dit, parce qu’en Jésus, Dieu nous a tous donné : la noce la plus somptueuse, la fête la plus belle, la joie la plus vraie, le meilleur vin, celui des derniers temps.
Faisons nôtres ces mots de la prière d’ouverture :
« Seigneur, donne-nous ton Esprit de conseil ; qu’il nous apprenne à voir ce qui te plaît, et nous dirige dans nos travaux. »
