Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 25 avril 2021 – 4e dimanche de Pâques – 1ière lettre de st Jean 3,1-2
Est-ce que je ressemble à mon père ou à ma mère ?
Si vous ne les avez jamais connus ou rencontrés, impossible de le savoir.
Mais vous connaissez mon frère et ma petite sœur, probablement que vous êtes en mesure de déceler un petit air de famille.
Dans la lettre qu’il écrit à sa communauté, c’était la 2e lecture aujourd’hui, saint Jean nous fait une affirmation surprenante : « Voyez comment il est grand l’amour dont le Père nous a comblés, il a voulu que nous soyons ses enfants et nous le sommes vraiment… »
On n’est pas des marionnettes, des êtres qui errent sans but ! Nous sommes les enfants de Dieu.
En Jésus, Dieu a voulu nous introduire dans une situation inespérée et hors de notre portée ! Il a voulu faire de nous ses enfants. Se découvrir comme des enfants de Dieu, comme des fils et des filles d’un Père qui nous aime ; se découvrir comme les frères et les sœurs de Jésus-Christ, le fils bien-aimé du Père, il y a là de quoi nous réchauffer le cœur et nous remplir d’espérance.
C’est une question de foi que les non-croyants ne peuvent comprendre,
« Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu ». Pour se découvrir comme des enfants de Dieu, il faut d’abord avoir découvert Dieu, le connaître et saisir son amour.
C’est une question de foi !
Croyez-vous que c’est plus facile pour les croyants de saisir qu’ils sont les enfants de Dieu ?
Est-ce que nous ressemblons à notre Père du ciel ? Ce n’est pas évident !
Vous ne pouvez pas savoir si je ressemble à mon père ou à ma mère si vous ne les avez jamais vus. Il est difficile de savoir si on ressemble à notre Père du ciel si on ne l’a jamais vu.
Quand je remettais un cierge allumé au cierge pascal lors des baptêmes, je disais : « Maintenant, tu es baptisé, tu es un enfant de Dieu comme Jésus de Nazareth, le Fils du Père ». Si Jésus de Nazareth était à côté de nous, est-ce qu’on serait en mesure de constater qu’il y a un petit air de famille entre lui et nous. Ce n’est pas évident ! Souvent les vrais croyants ont eux-mêmes du mal à saisir comment ils ressemblent au Fils de Dieu.
ll n’en reste pas moins qu’une des convictions profondes qui devrait nous habiter, comme elle habitait la communauté de saint Jean, c’est de comprendre que Jésus est venu faire de chacun de nous un enfant de Dieu.
Il serait sans doute bon pour nous, de temps en temps, de relire la 2e lecture d’aujourd’hui, de nous redire les mêmes mots dans l’intimité de notre cœur : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. »
On m’a déjà dit : « Moi, je suis un enfant de Dieu parce que j’ai été baptisé ».
C’est vrai qu’on devient un enfant de Dieu au baptême mais on a toujours à le devenir aussi. Il y a quelqu’un qui m’a déjà dit « Plus tu vieillis, plus tu ressembles à ton père ! » Au début de son Évangile, saint Jean dit : « Mais, à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu ». C’est l’accueil de Jésus qui fait de nous des enfants de Dieu, et ça, ce n’est pas l’histoire d’un moment, c’est une orientation pour notre vie, c’est notre vocation fondamentale, c’est un appel constant.
Devenir un enfant de Dieu, ça veut dire chercher à devenir des fils et des filles de Dieu à la manière de Jésus ; chercher à traduire notre qualité d’enfants de Dieu dans nos valeurs, dans nos gestes, nos engagements ; chercher ce qui nous donnerait un petit air de famille avec Jésus, ce qui manifesterait le mieux notre lien de parenté avec lui.
Devenir un enfant de Dieu comme Jésus, ça va loin !
Ça va jusqu’à Pâques, jusqu’à notre résurrection, jusqu’à ce jour où nous serons transfigurés comme Jésus, jusqu’à ce jour où en regardant notre Dieu face à face, on pourra dire de chacun et de chacune de nous : « c’est le vrai portrait de son Père ! » Ou « ce n’est pas possible comment il ressemble à son frère, Jésus-Christ, le Fils de Dieu ».
Je termine par une prière :
« Dieu notre Père. Je suis époustouflé par ce fait, Seigneur, que je suis ton enfant, que je te parle comme un fils, comme une fille à son père, et pourtant tu es le Dieu de l’univers, et tu es mon Père. Et ce n’est pas seulement moi, mais aussi ceux qui prient avec moi en ce moment et qui ont cru au nom de Jésus. Ô Seigneur Jésus, merci d’avoir rendu cela possible. »
