Mgr J-C. Dufour – 18 avril 2021 – 3e dimanche de Pâques – Luc24,  35-48

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE :18 avril 2021 – 3e dimanche de Pâques – Luc24,  35-48

 

Quand les Apôtres ont commencé à annoncer que Jésus était vivant, dans leur prédication, ils lui donnaient plusieurs titres pour mieux le faire connaître. Par exemple, dans le discours qu’il adressait au peuple, dans la première lecture aujourd’hui, saint Pierre donne quatre (4) titres à Jésus.

Le serviteur que vous avez livré :
celui qui s’est mis à genoux devant ses disciples, qui leur a lavé les pieds ; celui qui a été livré, celui que vous avez renié en présence de Pilate, vic­time sur la croix, condamné sans proférer de paroles de condamnation.

Le Saint,
c’est-à-dire celui en qui Dieu est plus que présent, étant lui-même le Fils unique de Dieu.

Le Juste,
c’est-à-dire celui qui s’est continuellement ajusté à la volonté de Dieu, qui a toujours fait la volonté de Dieu, son Père.

Le Prince de la vie,
c’est-à-dire celui qui a fait l’expérience de la Résurrection et du salut pour nous introduire à notre tour dans la vie.

 

En donnant ces titres donnés à Jésus, Pierre veut le faire connaître à tout son peuple. Pourtant, il nous fait bien comprendre que la connaissance de Jésus va beaucoup plus loin que ce que nous avons appris dans nos études, dans les livres, ou tout ce que nous avons mémorisé dans notre tête.

 

Tantôt, dans le psaume, quand nous avons demandé au Seigneur « que s’illumine ton visage ! », quand nous avons vu Jésus « ouvrir l’intelligence des apôtres à la compréhension des Écritures », on a tout de suite compris que connaître Jésus ça allait plus loin que nos facultés intellec­tuel­les.   On peut dire vraiment que l’intelligence de la foi ne se mesure pas seulement à notre quotient intellectuel, mais à l’authenticité de notre vie.

 

Après la résurrection, les apôtres ont fait un lien entre le Jésus qu’ils avaient connu, qui leur avait parlé et Celui qui leur apparaissait doté d’une autre vie. Ils comprenaient qu’ils allaient les emporter eux-mêmes dans une expérience nouvelle, dans une nouvelle vie.

 

Nous sommes invités à faire la même expé­rience de foi que les disciples. Jésus nous dit dans l’Évangile d’aujourd’hui : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites ». Nous le faisons chaque fois que nous écoutons la Parole de Dieu. Nous avons constamment besoin de faire un lien entre le Jésus que nous lisons dans les Écritures et ce Jésus mystérieux que nous rencontrons dans notre vie, cette présence du Seigneur si diffici­lement visible dans le quotidien de notre vie.

 

Il y a 2000 ans Jésus a ouvert l’esprit de ses disciples à l’intelligence des Écritures. Aujourd’hui, il vient le faire pour nous.   Il se fait présent pour nous convertir, c’est-à-dire, nous transfigurer, pour nous faire proclamer que c’est lui le Seigneur de tous, et nous rendre témoins de la Bonne Nouvelle par nos paroles et par nos gestes. L’intelligence des Écritures se mesure à l’authenticité de nos gestes.

 

Jésus invitait ses disciples à commencer par Jérusalem ! On peut comprendre pour nous que ça veut dire commencer par l’endroit où nous sommes. C’est là qu’il faut semer un germe de vie, par l’amour, la paix et la justice. Nous le faisons chaque fois que nous risquons des actes concrets qui témoignent de notre espérance.

Le psaume de ce jour a cette belle phrase : « Qui nous fera voir le bonheur » ? Nous sommes toujours en train de le chercher, et déçu parfois, nous ne savons plus où le trouver. C’est pourquoi, nous disons aussi « Seigneur fais-nous voir ton visage ! » parce que c’est en lui que nous trouverons le bonheur,  dans l’intelligence des Écritures qu’il nous donne, c’est-à-dire dans une communion de cœur, de pensée, et d’action avec le Christ.