Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 5 avril 2021 – Lundi de Pâques – Matthieu28, – 8-15
«Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples»
Ces femmes courageuses qui ont suivi Jésus pendant sa passion sont, sans doute, encore profondément meurtries par les souffrances infligées à Jésus, par sa mort et sa disparition du tombeau où on l’avait été déposé. Mais il a suffi de quelques mots d’un ange pour que la braise de leur cœur devienne comme un feu brûlant. Pas étonnant qu’elles soient craintives et toutes joyeuses.
L’ange avait dit aux femmes : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité.
Pendant la période pascale, les chrétiens d’Orient reprennent ces mots de l’ange et se saluent en disant : « LE CHRIST EST RESSUSCITÉ ! Il est vraiment ressuscité ! »
En se saluant ainsi, ils ressemblent à ces femmes anxieuses d’aller annoncer la nouvelle aux apôtres. Comme elles, ils se laissent dilater le cœur par cette extraordinaire Bonne Nouvelle.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre comme s’il voulait les remercier et les récompenser pour l’audace qu’elles avaient eue d’aller au tombeau de bonne heure. Mais elles « s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. » C’est l’attitude la plus grande qu’on peut avoir comme être humain devant Celui qui est notre Créateur et Rédempteur. Loin d’être une attitude de servilité, c’est une attitude d’amour et d’adoration comme nous sommes invités à le faire devant l’eucharistie.
« Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte !»
Peur du Seigneur ? Jamais. Puisqu’il est l’Amour de nos amours !
Peur de le perdre, sans doute, parce que nous connaissons nos faiblesses.
On ne peut ignorer que l’évangile nous présentait deux groupes de personnes témoins du même événement, mais qui le vivent de manière complètement opposée. Des femmes remplies de crainte et de grande joie chargées d’annoncer le Christ ressuscité et des soldats messagers pervertis par les grands prêtres et les anciens chargés d’annoncer une nouvelle contraire.
Et si nous prenions le temps ce matin d’écouter les paroles de l’ange;
si nous prenions le temps de découvrir dans nos vies de solides indices et des traces du Bien-Aimé;
si nous prenions le temps de réaliser que nous sommes comme ces femmes remplies d’amour et d’adoration;
si nous prenions le temps d’écouter la mission que le Christ leur a confiée et qu’il nous a confiée depuis notre baptême, de l’annoncer partout où nous sommes.
Si nous prenions le temps…
