Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 31 mars 2021 – Isaïe50 – 4-9
Comme lundi dernier, je m’arrête à la lecture du livre d’Isaïe. On retrouvait aussi le dimanche des Rameaux. C’est dire comment ce texte tiré des « Chants du Serviteur » est important. Très tôt, les premiers chrétiens ont appliqués ces textes et celui d’aujourd’hui au Christ.
Je ne pense pas qu’on ait beaucoup de mal à reconnaître le Christ dans les souffrances qui sont exprimées dans cette lecture. Mais, ce matin, je veux m’arrêter surtout sur le début de la lecture. Il y a un mot qui revient souvent, le mot « écouter ». « Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé ». « Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. » «Le Seigneur m’a ouvert l’oreille. »
« Écouter! » Un mot qui revient très souvent dans la Bible en particulier chez les prophètes. Le prophète Jérémie et bien d’autres disaient : « Et vous n’avez pas écouter ma voix ». D’autres invitaient à écouter les paroles de Dieu en disant : « Reçois-les dans ton cœur, écoute de toutes les oreilles ». Et d’autres encore de dire : « Aujourd’hui écouterez-vous la parole de Dieu »? Écouter pour les prophètes signifiait « Faire confiance à Dieu » quoi qu’il arrive. Et pourquoi faire confiance à Dieu? Parce que de tout mal, de toute difficulté, de toute épreuve, il fait surgir du bien; parce qu’à toute haine, il oppose un amour plus fort encore; parce que dans toute persécution, il donne la force du pardon; parce que de toute mort, il fait surgir la vie, la Résurrection. Pas difficile de reconnaître le Christ.
Dans cette lecture, on voit que Dieu fait confiance à son serviteur en lui confiant une mission; et en retour, ce serviteur accepte la mission qui lui est confiée avec confiance. Cette mission est bien décrite : « pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n’en peut plus. » C’est cette même confiance qui lui donne la force d’aller jusqu’au bout, de tenir bon malgré toutes les oppositions qu’il rencontrera. Pas difficile de reconnaître le Christ.
Et le prophète Isaïe utilise une expression un peu curieuse pour nous en faisant dire au serviteur : « J’ai rendu mon visage dur comme pierre. » Ce n’est pas de l’orgueil! Au contraire, c’est une façon d’exprimer une détermination et le courage. Le serviteur exprime une très grande confiance. Pourquoi? Parce qu’il sait d’où lui vient la force : « Le Seigneur Dieu vient à mon secours : c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages. »
Je n’ai pas parlé beaucoup du Christ dans cette homélie, et pourtant, j’ai parlé seulement de lui. C’est en lui qu’on peut reconnaître le serviteur par son écoute de la Parole, par sa confiance inébranlable, par sa certitude de la victoire au milieu même de la persécution. Qu’il me suffise de rappeler cette parole de Jésus :
« Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. » (Mt 26,39)
