Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 22 mars 2021 – Prière d’ouverture
« Fais-nous quitter ce qui ne peut que vieillir,
Fais-nous entrer dans ce qui est nouveau. »
Ce n’est pas en raison de notre âge que j’ai retenu ces quelques mots de la prière d’ouverture.
Mais on voit bien qu’ils se réalisent dans les deux lectures que nous avons entendu.
Dans la première, une pauvre femme, Suzanne, est accusée par deux Anciens qui furent pris de désir pour elle. Comme elle a refusé leurs avances, ils font de faux témoignage de telle sorte que Suzanne est condamnée à mort. Elle prie le Seigneur de la sauver. Alors le Seigneur éveille l’esprit de sainteté chez un jeune homme du nom de Daniel. Celui-ci prend la défense de Suzanne et prouve au tribunal la fausseté de l’accusation.
Ce qui ne pouvait que vieillir et entraîner la mort, c’était le péché des deux Anciens. Et ce qui est nouveau, le Seigneur l’a réalisé par Daniel, c’est le salut de Suzanne. Toute la foule en a été témoin; « elle bénit Dieu qui sauve ceux qui espèrent en lui. »
Dans l’évangile, on peut voir encore une femme mise en accusation par les scribes et les pharisiens qui l’amènent après avoir été surprise en plein délit d’adultère. Ils voudraient bien que Jésus l’accuse. Mais Jésus se baisse et dessine avec le doigt sur le sol.
On a dit de ce geste qu’il était la plus belle lettre d’amour qui n’ait jamais été écrite.
Se relevant, Jésus dit une parole simple mais percutante : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » » Ils commencèrent à partir les uns après les autres, à commencer par les plus vieux.
Encore une fois dans l’évangile, on voit que ce qui ne peut que vieillir, c’est bien moins une question d’âge et bien plus une question de péchés, d’accusation, une absence de pardon qui sont en cause.
Et ce qui apparait comme quelque chose de nouveau, quelque chose qui ne peut vieillir, c’est la manière d’agir de notre Dieu qui se manifeste dans le pardon.
Saint Paul dira une phrase qui ressemble à ces mots de la prière d’ouverture : « Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. » (2 Cor 5,17)
Pour lui, le monde ancien s’en est allé, sa vie de persécuteurs des chrétiens est disparue, sur le chemin de Damas un monde nouveau était né, le monde de la réconciliation qui a fait de lui une créature nouvelle dans le Christ.
Le monde nouveau déjà annoncé par Samuel est celui que Jésus vient réalisé. Jésus nous présente le visage de miséricorde et de la tendresse de notre Dieu, qui aime le pécheur et désire le salut de toute personne. C’est un appel qui nous est fait à pratiquer la miséricorde. C’est tout ça qui est nouveau et dans lequel nous sommes invités à entrer.
Par ses paroles et par ses gestes, Jésus rappelle que Dieu vient toujours faire du neuf, il est celui qui «essuiera toute larme de nos yeux. De mort il n’y en aura plus. De pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé. Celui qui siège sur le trône déclare «Voici, que je fais l’univers nouveau». (Apocalypse 21, 4-5)
« Fais-nous quitter ce qui ne peut que vieillir,
Fais-nous entrer dans ce qui est nouveau. »
