Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 23 janvier 2021 – Sainte Marie, Reine de l’univers – Marc3, 20-21
À première vue, avant de choisir la messe pour « Sainte Marie, Reine de l’univers », j’aurais peut-être dû lire l’évangile très court qui nous dit : « De nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger ». Et tout de suite dans le deuxième verset, saint Marc ajoute : « Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête ». C’est bien curieux ! On peut se demander pourquoi la foule court vers quelqu’un qui a perdu la tête.
D’abord, parce que, pour elle, Jésus ne complique pas la loi comme les pharisiens. Souvent avec eux, la loi est tellement compliquée qu’elle devient impraticable. Avec eux, la loi perdait souvent son sens comme dans la question du sabbat. Il faut dire que les pharisiens n’étaient pas à l’aise avec la façon de voir de Jésus et le lui reprochaient souvent, mais les gens du peuple étaient étonnés de sa sagesse.
Ensuite, Jésus est quelqu’un qui ne revendique aucun pouvoir. Il ne cherche pas à s’élever au-dessus des autres ; il s’enfuit au désert quand on veut le faire roi ; il ne se voit pas couronné de pierres précieuses. Ceux qui recherchaient le pouvoir étaient sans doute déroutés devant ce renversement, devant ce signe de ciel.
Finalement, Jésus a pour les responsables du peuple un langage et un comportement qui choque. Il visite les malades, mange à la table des rejetés comme Zachée, Lévi ; il s’arrête au puits de Jacob parce qu’il a soif de proximité avec une porteuse d’eau. Il pardonne à la femme adultère. Il fait voir l’arrivée du ciel sur la terre.
Sont-ils vraiment fous ces gens qui aiment quelqu’un qui a perdu la tête en voyant Jésus comme un sauveur de leur vie ? Sont-ils vraiment fous, ceux qui reconnaissent un Dieu non écrasant, mais libérant d’un joug pesant ? Comment ne pas être fou de cet homme vraiment libérateur qui propose pour nous un chemin rafraîchissant ?
À première vue, je pensais faire une erreur en choisissant de célébrer « Sainte Marie, Reine de l’univers », mais maintenant je ne le pense pas.
Dans la préface tantôt, je vais dire : « Dans ta miséricorde et ta justice, tu disperses les superbes, tu élèves les humbles. Tu as couronné ton Christ de gloire et d’honneur, lui qui s’était abaissé jusqu’à la mort. » La Vierge Marie est en parfaite ressemblance avec son Fils. Elle a été l’humble servante qui remettait tout à Dieu ; elle a supporté la douleur et la honte de la croix de son Fils. Aussi, la préface continue en disant : « Tu l’as élevée bien au-dessus des anges ; elle règne dans la gloire avec le Christ. »
La Vierge Marie est reine dans la gloire du ciel, parce que sur la terre elle a été une humble servante.
Vraiment, je pense que c’était bien de choisir de célébrer Marie, celle qui intercède pour nous, avocate de grâce et « Reine de l’univers ».
