Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 4 décembre 2020 – Matthieu 9,27-31
« Jésus était en route : deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David! » « Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent… »
Ça ressemble drôlement à un évangile qu’on connaît très bien. Ils étaient deux aussi sur le chemin d’Emmaüs ; ils étaient aveuglés par le chagrin et les événements qu’ils venaient de vivre. Jésus s’était approché d’eux pendant qu’ils marchaient. Comme le soir tombait, ils l’avaient invité chez eux, dans leur maison. Et c’est là, dans la maison, comme les deux aveugles de l’évangile, que leurs yeux se sont ouvert à la rencontre du ressuscité.
Ces deux aveugles qui marchent sur la route nous représentent bien. Ils symbolisent notre fragilité, nos handicaps et notre faiblesse. Les tristesses de la vie et de tout le mal qui existe dans le monde viennent obscurcir notre capacité de voir, de croire. Aussi, il nous arrive, comme eux, de nous trouver dans le noir.
On voit dans l’évangile que les deux aveugles de l’évangile désirent s’approcher de Jésus avec un profond désir. Il y a quelques jours, nous sommes entrés dans le temps de l’Avent, un temps qui nous invite à faire comme eux, à nous approcher de Jésus avec un profond désir.
Les deux aveugles avaient sûrement entendu parler de Jésus, de sa tendresse envers les malades, et de son pouvoir de guérison. Une fois qu’il est à la maison, ils s’approchent de lui ; ils ont le cœur rempli de foi ; ils sont remplis d’espérance. Ils désirent quelques rayons de la lumière de Dieu.
Nous savons bien que Jésus passe tout près de nous et nous lui crions : « Prends pitié de nous, Jésus, fils de David ! » Aide-nous, aie pitié ! Touche-nous, guéris-nous, place-nous sous ta protection, renforce notre désir de faire ta volonté.
Aujourd’hui encore, Jésus s’approche de nous avec tout son pouvoir d’ouvrir les yeux de notre cœur pour nous permettre de voir et de croire. Comme ces deux aveugles, nous pouvons dire au Seigneur : « Oui, nous croyons que tu peux faire cela. » Grâce à la foi, les deux aveugles ont obtenu ce qu’ils désiraient.
Après leur guérison « Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! Que personne ne le sache ! » Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région. » La guérison se transforme en émerveillement, en cri du cœur pour exprimer la joie et la gratitude envers Dieu.
« Que personne ne le sache ! », leur avait dit Jésus. Jésus veut davantage notre intériorisation et notre silence, encore plus durant ce temps de l’Avent qui se veut un temps fort de prière, et de prière de demande. Dans ce contexte, souvenons-nous de la foi et de l’intimité de la Vierge Marie lorsque visitée par l’Ange ? Elle accueille dans le silence le projet de Dieu, elle consent à l’œuvre de Dieu dans la foi : « Que tout se fasse pour moi selon ta parole. »
Pendant cette eucharistie, nous pouvons suivre Jésus, le rejoindre dans la maison c’est-à-dire dans l’intimité de notre cœur en renouvelant notre foi et une confiance renouvelée en Dieu.
