Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 2 décembre 2020 – Matthieu 15,29-37
« En lui nous espérions, et il nous a sauvés… exultons, réjouissons-nous ». J’ai presque le goût de relire la première lecture parce qu’elle se réalise dans l’évangile. Si la première lecture nous disait : « Le Seigneur préparera pour tous les peuples sur sa montagne », on a presque l’impression que l’évangile poursuit en disant : « Jésus gravit la montagne. » Tout ce qui est annoncé dans la 1re lecture se réalise dans l’évangile.
« De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. » Oui, la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. Jésus, dans sa grande compassion, a permis que des gens lui conduisent des hommes et des femmes qui ont besoin de lui. « On les déposa à ses pieds et il les guérit. » Ceux qui ont amené ces pauvres gens à Jésus et ceux qui sont guéris sont émerveillés. « Ils rendirent gloire au Dieu d’Israël ».
Pourquoi sont-ils heureux ? Parce qu’ils ont rencontré en Jésus quelqu’un qui était profondément humain, la plénitude de tout ce qui est humain. Ça fait du bien d’entendre cela. Nous aussi, nous avons besoin de Jésus, de sa tendresse, de son pardon, de sa lumière, de sa miséricorde. N’ayons pas peur de nous tourner vers lui.
Ceux qui amènent les infirmes à Jésus pour qu’Il les guérisse réalisent que la plus grande preuve de charité envers le prochain, c’est de l’approcher de Jésus, Source de toute Vie. Il y a plein de situations pénibles dans notre monde, plein de misères et de désespoir. Aujourd’hui comme hier, Jésus voit cette foule dans sa misère. La meilleure chose qu’on peut faire, c’est de les approcher de Jésus.
Jésus qui avait déjà fait preuve de beaucoup de compassion envers les aveugles, les boiteux, les estropiés et les muets déclarent à ses disciples :
« Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. » Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? » Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre.
Jésus cherche celui qui est dans le besoin et il se montre bon pour lui. Il ne veut pas abandonner ces gens qui sont affamés et fatigués. Nous sommes aussi importants à ses yeux. Il est prêt à accomplir une œuvre d’amour pour nous.
Demandons ce matin la grâce d’avoir les mêmes dispositions que Jésus. Il veut opérer le salut du monde par nos cœurs et nos mains. « Où trouverons-nous dans un désert assez de pains pour rassasier une telle foule ? » Dans cet immense désert de notre monde où les hommes ont d’immenses besoins, Jésus nous invite à lui donner nos petits pains et nos petits poissons pour nourrir notre Peuple.
