Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 30 novembre 2020 – Saint André, apôtre – Matthieu 4,18-22
Il y a des petites perles parfois en liturgie qui risquent de nous échapper. Hier, nous avons célébré le 1er dimanche de l’Avent qui marque le début d’une nouvelle année liturgique. Et celui que nous fêtons aujourd’hui, saint André, est le premier apôtre à se mettre en route à la suite de Jésus. En ce temps de l’Avent, Jésus vient nous appeler, vient nous inviter à cheminer avec lui comme il a fait avec saint André. Il vient pour nous redonner notre beauté originelle, nous réintroduire dans le paradis perdu.
Saint Jean nous raconte qu’il était un disciple de Jean Baptiste qui, un jour, voyant Jésus qui passait, dit : « Voici l’agneau de Dieu ». André laisse Jean Baptiste, suit Jésus avec un autre disciple, va où Jésus demeure et « Ils demeurèrent près de lui ce jour-là. » Saint Jean continue en nous disant que, le lendemain, André rencontre son frère Simon et qu’il l’amène à Jésus. Si jamais on vous demande ce qu’est un parrain ou une marraine, on en a une bonne définition dans l’évangile : c’est quelqu’un qui, comme André, croit en Jésus et qui amène son frère à Jésus.
André, c’est le premier saint de l’année liturgique, mais au cours de l’année, il y en aura d’autres sur notre route : ceux qui sont nos patrons, ceux qu’on aime bien prier, ceux qui ont vécu dans notre pays, ceux que la liturgie va nous présenter. En cherchant à imiter toutes les vertus qui les ont caractérisés, on risque de se retrouver devant une mission quasi impossible. Mais tous les saints nous donnent une unique leçon, à commencer par saint André. Il rencontre le Christ, et c’est fait ! Il n’y a personne d’autre à chercher ! Il a trouvé celui qui donne un sens à sa vie, qui explique sa raison d’être ! Il a trouvé celui qui comble son besoin d’aimer et d’être aimé.
Saint André et tous les saints prient avec nous et pour nous en ce moment. Demandons-leur de nous donner de bien entendre la Parole qui nous dit : « Voici l’Agneau de Dieu », de confesser que Celui qui vient est le Messie. Demandons-leur d’aider les parrains et les marraines à bien saisir le sens de leur rôle. Demandons-leur de nous donner cette spontanéité qu’ils avaient de nous mettre en marche à la suite de Jésus.
Saint Jean Chrysostome faisait remarquer qu’André ne savait pas très bien expliquer à son frère Pierre qui était Jésus, et c’est pourquoi il l’emmène à Jésus. Là encore, on peut saisir toute la profondeur de ce temps de l’Avent : nous emmener à Jésus.
Devant une grande foule à nourrir, André est celui qui avait fait remarquer à Jésus qu’il y avait là un jeune garçon qui avait cinq pains et deux poissons, tout en faisant remarquer à Jésus que ce n’était rien pour tant de monde. Il verra, après la multiplication des pains, que chacun avait mangé à sa faim. Il en est ainsi pour l’Eucharistie, elle est toujours là pour nourrir nos faims les plus profondes et ainsi nous faire saisir toute la générosité de notre Dieu.
