Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 13 novembre 2020 – Luc 17,26-37
Jésus vient tout juste d’annoncer à ses disciples qu’il est proche de sa fin. En effet, dans le verset qui précède l’évangile d’aujourd’hui, il leur dit : « Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. » Dans ce contexte, il nous invite à réfléchir sur la fin de toutes choses, en particulier la nôtre. Il nous propose de réfléchir sur deux faits historiques qui sont comme des symboles de la fin : le déluge et la destruction de Sodome. Il nous prévient ainsi que la vie, c’est sérieux.
Aujourd’hui comme hier, il y a des gens qui se comporte comme au temps de Noé : « On mangeait, on buvait, on se mariait » ou nous sommes comme les concitoyens de lot : « on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait » comme si c’était le seul objectif de la vie, comme si tout se réduisait à la vie physique. Dans l’évangile, Jésus dénonce cette conception fragmentaire de l’être humain qui le conduit à la frustration. Saint Augustin faisait un commentaire là-dessus en disant : « Est-ce que ceux qui se marient, plantent des vignes et se construisent, est-ce qu’ils vont périr ? » Sûrement s’ils placent ces choses avant Dieu. C’est le contraire pour ceux qui prennent Jésus comme modèle, qui vivent intensément pour Dieu et pour les hommes, ceux qui ont donné généreusement leur vie de multiples manières au service de Dieu et de leurs semblables.
Il faut saisir toute la délicatesse que Jésus nous fait voir dans cet évangile. Ce n’est pas une prophétie de malheur que nous venons d’entendre ; il ne nous donne pas l’image d’un Dieu qui est un Danger suprême. Jésus nous instruit, nous sauve et nous protège. Il nous fait voir qu’il se préoccupe de nous jusqu’à nous offrir des solutions de paix et de bonheur. Si nous l’écoutons, il nous promet le royaume des cieux. Il veut notre salut. Il n’est pas un Dieu de trouble, mais de paix.
En nous parlant, il veut nous faire entendre un chant nouveau. Pourquoi ? Parce qu’un avenir s’ouvre à nous. À partir du moment où nous croyons en Dieu, comment ne pas croire qu’un jour, nous obtiendrons les biens du monde à venir ?
