Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 août 2020 – Matthieu 22,34-40
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » La réponse de Jésus ne tarde pas, elle est claire et elle englobe toute la vie : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force… Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Les deux sont réunis. Aimer Dieu, c’est lui donner la première place dans notre vie et ça nous engage vers notre prochain, pas à peu près.
On raconte qu’un jour, deux petites jumelles étaient nées prématurément et que chacune avait été placée dans un incubateur différent. Il y en avait une qui était en bonne santé, et l’autre, de santé fragile, risquait de mourir seule dans son incubateur. Après quelques jours, une infirmière eût l’heureuse idée de déposer la plus faible auprès de sa sœur plus forte. Sur une photo, on voit celle-ci étendre son bras sur la malade. L’histoire nous dit que le geste de l’infirmière a permis de sauver celle qui était en train de mourir.
C’est un peu ainsi qu’il faut comprendre le Bon Dieu. Il ne faut jamais l’oublier, c’est que Dieu nous a aimés le premier. Il a fait le premier pas vers nous. Tout l’évangile est un témoignage de ce Dieu qui n’a jamais cessé de nous aimer malgré nos faiblesses et nos infidélités. Nous savons en effet que nos capacités à aimer sont blessées. Mais ce commandement est là pour nous remettre sur la bonne voie. Quand nous reconnaissons que nous avons trahi cet amour, nous pouvons toujours revenir vers le Seigneur, lui demander pardon et implorer son secours. Il est toujours là pour nous relever et nous aider à reprendre la route.
Il faut comprendre le mode « commandement ». Le Seigneur ne nous commande pas comme ferait un général d’armée. Ce mot, dans son étymologie, signifie prendre avec nos mains. Le Seigneur nous invite à prendre avec nos mains, dans notre cœur l’amour qui est en lui. En ce sens, l’amour du prochain est la conséquence de celui que nous avons pour Dieu. Tout d’abord, nous devons nous entendre sur le sens du mot « prochain ». C’est celui dont je me fais proche, celui que je prends le temps de rencontrer et d’écouter. Tout près de nous, des personnes peuvent se trouver en situation de détresse. Nous avons à aimer ceux que Dieu aime. Trop souvent, nous passons à côté sans les voir. Un chrétien ne peut qu’aimer les autres, surtout quand il songe qu’ils sont comme nous fils du même Père, qu’ils sont nos frères en Jésus Christ.
L’Évangile est là pour nous ramener au cœur de la foi. L’authentique amour a sa source en Dieu. Jésus nous l’a prouvé en le signant de sa mort sur la croix.
Et si nous voulons apprendre à aimer à la manière de Dieu, c’est vers lui que nous nous tournons. Nous avons sans cesse besoin de puiser à la source de cet amour, un amour dans lequel nous avons été plongés au jour de notre baptême. Confions au Seigneur toutes celles et tous ceux que nous aimons, toutes celles et tous ceux que nous n’aimons pas assez. Notre prière est aussi une manière de les aimer encore plus. Demandons au Seigneur de nous apprendre tous les jours à aimer comme lui et avec lui.
