Mgr J-C. Dufour- 7 août 2020 – Matthieu 16,24-28

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 7 août 2020 – Matthieu 16,24-28

 

Dans l’évangile aujourd’hui,  Jésus révèle quelque chose de son identité aux disciples.  Il leur annonce que le Messie devra beaucoup souffrir,  qu’il devra mourir avant de ressusciter le troisième jour.  Ce qu’il nous dit encore, et ça nous concerne au plus haut point,  c’est que celui qui veut être son disciple devra prendre le même chemin que lui :  prendre sa croix,  renoncer à soi-même et donner sa vie.  « celui qui veut sauver la vie le perdra, mais celui qui perds sa vie à cause de Jésus la trouvera ».  Ça veut dire qu’avant de porter notre croix, il faut d’abord suivre le Christ qui ne nous le cache pas, c’est un engagement exigeant.

Ça veut dire embrasser un style de vie qui va à contre-courant de nos tendances et de celles du monde.  Ça veut dire toujours donner la première place à l’autre.  Ça veut dire tout faire pour contribuer au bien de notre prochain et de notre entourage.  C’est en vivant de cette manière qu’on suit le Christ,  qu’on plante la croix au centre de notre existence,  mais attention, pas cette croix qui est uniquement un instrument de supplice mais cette croix qui est l’expression de grand amour de Dieu pour l’humanité,  cette croix qui est l’expression de notre amour,  un amour qui conduit à l’épanouissement,  et plus encore à un épanouissement éternel.

On suit le Christ d’abord par Amour.  C’est à cause de cet amour qu’on peut comprendre le sacrifice et le renoncement personnel :  «Qui voudra sauver sa vie, la perdra, mais qui perdra sa vie pour moi, la retrouvera» (Mt 16,25). Cet amour et cette miséricorde nous amène à un renoncement à soi-même et ça va de soi, au sacrifice.   Un amour qui est vrai, va inévitablement engendrer des sacrifices.   Le contraire n’est pas vrai.  Tout sacrifice n’engendre pas l’amour. Le Bon Dieu, ce n’est pas un sacrifice, Dieu est amour.

C’est à partir de cet amour  que nous suivons le Christ et que  sans aucun doute- nous nous rendons dignes du regard miséricordieux du Père. Le même regard avec lequel il contemplait son Fils sur la Croix.