Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 août 2020 – Saint Sacrement – Matthieu 14,22-36
En voyant le titre de la célébration, « temps ordinaire : Saint Sacrement », je me suis demandé sur quoi je fais l’homélie : sur les lectures du temps ordinaire ou sur les prières du Saint Sacrement importantes pour vous. Mais dans le fond, c’est un faux problème ; les deux veulent rejoindre le Christ.
Dans l’évangile, Jésus qui vient de nourrir la foule « oblige les disciples à monter dans la barque… [ensuite] quand il eut renvoyé les foules, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. » Il vit un moment d’intimité avec son Père comme vous le faites à différentes heures de la journée et de la nuit en vénérant le mystère du corps et du sang du Christ avec beaucoup d’amour, comme nous l’avons demandé dans la prière d’ouverture. À ce moment-là, il reçoit de son Père non seulement le pouvoir de marcher sur les eaux du lac, mais surtout le pouvoir de marcher sur les flots tumultueux de la vie. On se souvient qu’après une prédication dans une synagogue les gens voulaient le précipiter en bas d’une colline, mais que lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. (Luc 4,29 s) Il est capable de traverser l’adversité et la violence parce que son regard est tout orienté vers son Père.
C’est pourquoi il peut dire à ses disciples effrayés par la violence de la mer et par sa Présence mystérieuse « Confiance, c’est moi, soyez sans crainte. »
Alors Pierre, tout confiant en Jésus, sort de la barque. Il reçoit le pouvoir de marcher sur la mer de l’existence agitée par les forces de la mort. Son geste reprend celui du peuple hébreu, qui confiant en la Parole de Dieu, traversa les eaux de la mer rouge écartées par la main de Moïse.
Osons, nous aussi, nous abandonner totalement à Jésus. Alors, nous pourrons marcher dans notre existence ballottée par les vents contraires et harcelée par les forces du mal. Le prophète Isaïe l’avait déjà prophétisé : « Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. Quand tu traverseras les eaux, je serai avec toi, les fleuves ne te submergeront pas. Quand tu marcheras au milieu du feu, tu ne te brûleras pas, la flamme ne te consumera pas. » (Isaïe 43,1-2)
Quand le vent tomba « alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Vraiment, se prosterner devant le Fils et faire sienne l’exclamation des disciples, c’est encore toute votre vie de Servantes de Jésus-Marie. Pour nous y aider encore plus, faisons nôtre la prière sur les offrandes : « que le sacrement de ton amour soit pour nous le signe de l’unité, et le lien de la charité. »
Jésus a passé des heures en dialogue avec son Père. Demandons au Seigneur de nourrir en nous le goût de la prière. Ce lien fréquent avec Dieu nous procurera toujours la Lumière pour poursuivre notre marche sur la voie du salut. Et chaque fois que la barque de notre existence affrontera les tempêtes de ce monde, le Christ viendra à notre secours comme il est venu au secours de Pierre et des disciples.
