Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE: 25 septembre 2020 – Luc 9,18-24
Qui sont les servantes de Jésus-Marie ? Une seule question, mais il faut s’attendre à toute sorte de réponses. C’est ce qui arrive dans l’Évangile ce matin. Jésus pose une seule question à ses disciples, « Au dire des foules qui suis-je ? », et il obtient toute sorte de réponses.
Il y a des gens qui pensent que tu es Jean-Baptiste. C’était un homme étonnant ! Sa vie et son langage contrastent avec les gens de l’époque. Surtout qu’il invite à se convertir, à changer de vie, à se tourner vers les autres. D’ailleurs, on sait qu’Hérode l’a pensé à un moment donné.
Il y en a d’autres qui pensent que tu es Élie ! Son manteau de feu serait devenu le vêtement de Jésus. D’autres encore pensent que tu es un ancien prophète ressuscité qui s’évertue à demander au peuple d’adopter un autre comportement.
Toutes ces réponses sont basées sur ce qu’on voit, sur l’extérieur. On voit en Jésus un homme dont le comportement contraste avec les gens ordinaires, un homme qui surprend par sa manière de vivre. On voit bien qu’il s’assoit à table avec le publicain Matthieu, un voleur comme Zachée et bien d’autres pécheurs.
À un moment donné, Jésus leur pose une question plus directe à ses disciples : « Et vous, que dites-vous ? » Il les invite ainsi à poser un autre regard, un regard plus intérieur, Il leur fait prendre conscience que ce n’est pas pareil de penser à quelqu’un et d’être avec quelqu’un, on en a un bel exemple en Zachée. Quand il était sur son arbre, il voulait voir qui était Jésus, mais quand il s’est trouvé avec Jésus, son regard a changé sur lui ; il est prêt à donner quatre fois plus. C’est tout un changement de regard.
« Et vous, que dites-vous ? » Par cette question, Jésus invite ses disciples à changer de regard. La foule porte un regard extérieur et le disciple est appelé à donner une réponse plus intérieure. On sait très bien qu’on peut avoir un regard qui juge ou un regard intérieur qui contemple.
La réponse de Pierre est merveilleuse : « Le Christ, le Messie de Dieu. » Merveilleuse la réponse de Pierre, elle vient de l’intérieur, de son expérience de proximité avec Jésus. Il ressent bien le mystère de Jésus. Il sent bien que Jésus est un homme, mais il confirme qu’il vient d’un autre monde, qu’il provient d’ailleurs. Sa réponse nous dit qu’il est maintenant dans le mystère Jésus. Il élève son regard, il cesse de seulement voir Jésus, il commence à le connaître de l’intérieur. Il y a dans sa réponse comme un début de libération, il y a un salut.
On sent que, dans sa question étonnante, Jésus nous demande une relation vraie avec lui. Sa question nous invite moins à penser à lui, et plus à être avec lui. Ce matin, pensons-nous à Jésus et pensons-nous vivre avec lui en entrant comme Pierre dans son mystère. Sommes-nous avec Jésus ou sur le bord de son mystère ? Célébrons l’eucharistie pour entrer dans le mystère de Jésus, pour ce qu’il est dans nos vies, pour tout ce qu’il peut signifier pour nous.
C’est l’expérience que vous pourrez vivre pendant les quelques jours de votre retraite. Union de prières.
