Mgr J-C. Dufour- 4 juillet 2010 – La Vierge Marie, à Cana – Matthieu 9,14-17

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 juillet 2010 – La Vierge Marie, à Cana – Matthieu 9,14-17

 

« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux. »

Je m’arrête seulement sur cette petite phrase, riche de sens, en laissant de côté les autres petites paraboles tout aussi riches de sens, celle du vêtement neuf et des outres neuves. Il y a de la place pour l’avenir.

Ça commence avec une question des disciples de Jean-Baptiste suivie de la réponse de Jésus.

D’abord la question des disciples de Jean-Baptiste. Ces disciples avaient appris de leur maître les valeurs de l’ascèse et la grâce du renoncement. Ils se sont habitués à vivre dans l’austérité et le jeûne. Mais, à un moment donné, leur maître leur désigne Celui qui est l’Élu de Dieu. « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint. » Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. » (Jn 1,33-34) Alors, bien sûr, ces disciples commencent à observer Jésus et quelques-uns même à le suivre. Toutefois, ils sont vite surpris, étonnés, et certains même scandalisés : ils voient que les disciples de Jésus ne sont pas portés, comme eux, sur l’ascèse et jeûne. Ils sont d’autant plus surpris que l’Élu de Dieu, Jésus, ne leur reproche pas. Leur surprise se transforme rapidement en question : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ? »

Et Jésus leur répond. Il prend la peine de leur faire toute une révélation. Il est l’Époux que les prophètes avaient annoncé. Le prophète Isaïe, par exemple, qui disait : « Car ton époux, c’est Celui qui t’a faite, son nom est « Le Seigneur de l’univers ». Ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël, il s’appelle « Dieu de toute la terre » (Is 54,5). Jérémie, Baruch, Osée et Joël iront dans le même sens.   Jésus est venu établir, au nom de Dieu, une alliance nouvelle et éternelle avec l’humanité.

La présence de Jésus au milieu de son peuple nous fait comprendre que l’heure des noces est révélée et annoncée à tous ceux et celles qui veulent marcher à sa suite, à ceux et celles qui veulent se nourrir du pain vivant de sa parole et boire à la coupe de bénédiction.  Pendant que l’Époux est là, pas question de jeûner ou de vivre cela comme un deuil. Rappelons-nous du premier signe que Jésus a donné dans l’évangile de saint Jean, le miracle des noces de Cana, avec du vin en abondance pour signifier qu’il est là pour partager la lumière, l’espérance et la vie.

Vous vous dites peut-être qu’il me faudrait continuer avec le reste de l’évangile pour saisir le message de Jésus.   Mais nous avons déjà tout un premier message à retenir. La rencontre du Dieu passe toujours par une invitation aux noces, une invitation à la communion de son amour. Ce n’est pas pour rien que beaucoup de paraboles du Royaume annoncé par Jésus sont des paraboles de festin. Il s’est souvent retrouvé lui-même à table mangeant et buvant avec tout un chacun, je pense, au repas avec Matthieu et les publicains, chez son ami Lazare, et beaucoup d’autres.

La pièce d’étoffe neuve, le vin nouveau, nous parle beaucoup de Marie.  Comme je vais le proclamer dans la préface,  elle est la première créature du peuple nouveau.  « Conçue sans aucune tache et comblée de grâce,  elle est vraiment la femme nouvelle. »

Demandons dans cette célébration de ressembler toujours davantage à l’homme nouveau que Jean-Baptiste présentait à ses disciples;  demandons encore de rassembler à cette femme, la première à obéir à la nouvelle loi.