Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 4 septembre 2019 — Bse Dina Bélanger — Jean 15,1-8
« Pose-moi comme un sceau sur ton cœur », disait l’auteur du Cantique des Cantiques.
Notre histoire d’amour avec le Seigneur, comme celle de la bienheureuse Dina Bélanger, est véritablement une histoire de cœur. Il faut savoir que dans la langue de Jésus, le mot « cœur » n’a pas tout à fait le même sens que nous. Il n’indique pas seulement le sentiment, l’émotion, mais l’élan de tout notre être, de toute notre volonté, de tous nos efforts, de toute notre passion. Il constitue ainsi un véritable don de soi qui entraîne nécessairement un sacrifice de toute de la personne qui s’engage. Cet amour est à l’image du Christ qui est mort sur la croix pour nous sauver.
Ça explique en bonne partie que Dina Bélanger ait choisi cette devise : « Aimer et laisser faire Jésus et Marie ! » Elle disait : « Voilà l’expression qui me satisfait. Aimer, cela veut dire l’amour jusqu’à la folie, jusqu’au martyre… Laisser faire Jésus, c’est-à-dire laisser agir librement le Dieu d’amour ; laisser faire Marie : lui confier aveuglément le soin de réaliser son Jésus enveloppé dans le manteau de mon être extérieur. » Ça ne veut pas dire que c’était facile et que ça a commencé tout de suite ! Pas longtemps après son entrée au pensionnat, elle écrit à sa mère en lui disant : « Maman, c’est pas drôle de vivre avec les autres. »
Mais elle sait au fond d’elle-même que l’amour du Christ est la sève vitale qui irrigue le sarment qu’elle est. Elle sait aussi que sans la vigne, à laquelle elle est attachée, c’est-à-dire le Christ, elle ne peut pas grandir et se fortifier en sainteté. Loin de se laisser distraire par le monde qui l’entoure, elle demeure rattachée au Christ. Elle se laisse émonder pour porter encore plus de fruits, des fruits cachés pour plusieurs, mais non moins savoureux pour ceux et celles qui la côtoient.
La vie de Dina Bélanger nous fait entrer dans la contemplation silencieuse d’un amour qui se donne sans compromis, dans la générosité et le détachement. En devenant religieuse, elle choisit de porter le nom de Sœur Marie-Cécile de Rome. La mère d’une de ses élèves de musique qui ne connaissait pas son nom disait : c’est « la sœur qui a le ciel dans ses yeux. »
Aujourd’hui, nous rendons grâce pour cet amour gratuit de Dieu qui s’est manifesté dans la vie d’une religieuse, la bienheureuse Dina Bélanger. Certaines personnes ont un tel élan intérieur pour aimer, se tourner vers autrui et n’être qu’amour. C’est le cas de celle que nous célébrons ce matin.
