Mgr J-C. Dufour- 16 juin 2020 – Matthieu 5,43-48

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 16 juin 2020 – Matthieu 5,43-48

 

« Vous avez entendu qu’il a été dit ».

C’est évidemment une référence au passé, à la loi ancienne. Ça pourrait être tout ce que nous empêche d’avancer dans la lumière et l’amour. Ça pourrait vouloir dire laisser derrière nous nos vieilles habitudes pour entrer dans la vie nouvelle, pour contempler Dieu et agir comme lui, c’est-à-dire à aimer nos ennemis.

Ce qui a été entendu et qui a été dit, c’est l’histoire que nous avions dans la première lecture. Le roi Acab avait accepté le meurtre gratuit et injuste de Naboth, il avait accepté le vol de sa vigne. En plus, « il s’est conduit d’une manière abominable en s’attachant aux idoles » ; il incitait le peuple d’Israël à faire comme lui. Il se comportait comme un ennemi de Dieu.

Dieu agira-t-il comme les gens avaient appris dans le passé ? « Tu haïras ton ennemi » ? Sur la parole virulente et tranchante du prophète, le roi Acab se repent, s’humilie et revient vers Dieu. « Alors la parole du Seigneur fut adressée à Élie : « Tu vois comment Acab s’est humilié devant moi ! Puisqu’il s’est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le malheur de son vivant. » 

« Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. »  Jésus demande à ses disciples de pardonner et de bénir ses ennemis, comme il l’a déjà fait pour Achab alors qu’il était son ennemi. Mais pourquoi agir ainsi ? Pour ressembler un peu à notre Père qui fait briller son soleil et tomber sa pluie sur les méchants autant que sur les bons.

Et puis, si nous appelons Dieu « Notre Père », c’est que nous sommes ses enfants. Et si nous sommes ses enfants, nous devons chercher à agir comme lui, à être bons comme il l’est, à être patients comme lui, à être parfaits comme il est parfait.

Difficile ! Nous avons besoin de la force de l’Esprit Saint. Mais si nous invoquons le nom de Jésus, sa grâce vient et nous accompagne sur notre route vers le pardon et la réconciliation. Ce n’est pas automatique et magique. On a besoin de temps pour accepter l’autre et notre passé. Mais nous pouvons demander au Seigneur de nous faire cette grâce dans notre prière et à lui faire confiance dans les sacrements, particulièrement celui de l’Eucharistie où nous implorons si souvent la grâce de son pardon, où nous disons cette belle prière du « Notre Père »  en le priant « de nous pardonner comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Ainsi, Jésus avait bien raison de dire « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »