Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 9 juin 2020 – Les Doux
Les béatitudes sont d’abord toute une description sur notre Dieu. Nous ne serons jamais aussi parfaits que lui, mais nous pouvons faire des pas pour lui ressembler un peu. Hier, dans la béatitude sur la pauvreté, celle qui décrit un Dieu qui se fait pauvre, qui descend dans notre humanité, nous avons vu que tous, nous avions des moyens tout simples de nous faire pauvre.
Aujourd’hui, c’est la béatitude de la douceur qui est elle aussi toute une description de notre Dieu. Pensons à tous les gestes de douceur faits par Jésus en faveur des malades, des pauvres, des mal-pris de son temps. Jamais il n’a riposté à la violence par la violence. Il a riposté à la violence qu’on lui a faite par la douceur, par le silence. Comment être doux, douces ?
La douceur est aussi contagieuse que la guerre. Le sourire aussi contagieux que le geste de violence. Et de tout cela le pauvre est riche.
Si la vie est courte, un sourire ne prend qu’une seconde. (proverbe arabe)
HEUREUX LES DOUX[1]
Croisade sur l’amabilité
Un sourire ne coûte rien, mais produit beaucoup. Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne.
Il ne dure qu’un moment, mais son souvenir est parfois immortel.
Personne n’est assez riche pour pouvoir s’en passer.
Il ne peut ni se voler ni se vendre, car il n’a de valeur qu’à partir du moment où il se donne.
Un sourire, c’est du courage pour l’âme abattue, du repos pour l’être fatigué, l’antidote de toutes les peines.
Et si l’on vous refuse le sourire que vous méritez, soyez généreux, donnez le vôtre, car nul n’a autant besoin d’un sourire que celui qui ne peut le donner. (Anonyme)
Magnificat
Il n’est guère d’hymne plus révolutionnaire que le Magnificat, le chant qui éclate sur les lèvres de la Vierge Marie lorsqu’elle rencontre sa cousine Élisabeth et leur fait part de l’heureux évènement : elle va devenir maman ! Chant de la douceur renversant la violence, de la paix chassant la guerre, de la pauvreté dominant la richesse. Le cœur doux, pauvre et rayonnant de paix puise en effet sa force en Dieu.
[1] Paraboles d’Orient et d’Occident, Jean Vernette
