Mgr J-C. Dufour- 19 mai 2020 – Jean 16,5-11

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 19 mai 2020 – Jean 16,5-11

 

«  Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les autres détenus les écoutaient. »

Je pense que le récit que Luc nous fait aujourd’hui est digne d’un des meilleurs scénarios de films qu’on connaisse. Paul et Silas sont en prison ; ils sont libérés de prison miraculeusement.  Le geôlier qui les avait mis tout au fond de la prison par mesure de sécurité devient un serviteur.   Celui qui avait mis leurs pieds bien coincés dans des blocs de bois devient leur aide-soignant. Celui qui dégaina son épée en vue de se donner la mort, se précipita aux pieds de Paul et Silas et s’écrie « que dois-je faire pour être sauvé ? ».

Il n’y a pas dire, ce sont des moments bizarres, étonnants, inusités. À quel moment vont-ils cesser ? On a vu Paul et Silas accepter ce qui leur arrive, les pieds et les mains liés, impuissants devant ce qui se passe. Alors, ils se mettent à chanter des louanges à Dieu du fond de leur cellule et les autres détenus les écoutaient. Ça me rappelle le chant des Haïtiens au lendemain du tremblement de terre. Je pense à ces paroles du psaume : « Malheur à moi : je dois vivre en exil et camper dans un désert ! … Dans ma détresse, j’ai crié vers le Seigneur, et lui m’a répondu. »  (Psaume 109)

Là où, pourtant, règne la plus grande de toutes les misères, le chant de louange réussit à jaillir des âmes accablées par la douce puissance du Saint-Esprit qui les habite. Son rythme apaisant réussit à consoler ceux qui le chantent autant que ceux qui l’entendent. Le cœur est habité comme l’était celui de Paul et de Silas au point que tout change, où les cieux se penchent pour les libérer.

Quelqu’un a dit : « Si nous voulons faire l’expérience de la sécurité de la fidélité de Dieu au milieu de l’incertitude et des épreuves imminentes, nous ne la trouverons pas en consultant sans cesse Facebook, la télévision, internet et les blogues. Nous fixerons nos esprits et nos cœurs sur ce qui est vrai à propos de Dieu, en en particulier sur l’Esprit Saint. »

On vient de voir dans l’évangile qu’une grande tristesse envahit le cœur des Apôtres et des disciples de Jésus lorsqu’il leur annonce son départ. Mais Jésus les rassure : il ne les laissera pas seuls. Il leur enverra l’Esprit, le Défenseur, l’avocat qui prendra notre défense. Mais pour que celui-ci vienne nourrir la vie des disciples, Jésus doit partir.

Au moment où j’écris cette homélie, j’apprends que plusieurs parmi vous ont vécu des deuils. Pour nous aussi, lorsque nous acceptons le départ d’un être cher, il se passe parmi nous ce qui s’est passé pour Paul et Silas pendant qu’ils étaient en prison ; la joie et la vie reviennent en nous grâce à l’Esprit Saint consolateur. « Mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jean 14,26)