Mgr J-C. Dufour- 8 mai 2020 — Bse Catherine de Saint-Augustin — Mt 25,31-40

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 mai 2020 — Bse Catherine de Saint-Augustin — Mt 25,31-40

 

Catherine de Longpré, née en Normandie, entre chez les religieuses hospitalières de Bayeux dès l’âge de douze ans et demi. Elle prend l’habit religieux à 14 ans et se nommera désormais Marie-Catherine de Saint-Augustin. Elle s’offre pour la mission du Canada et fait le vœu « de vivre et de mourir en ce pays si Dieu lui en ouvre la porte ». Répondant à une demande des religieuses hospitalières, elle est déjà du nombre des premiers missionnaires qui viennent implanter l’Église en terre canadienne.

Il fallait, comme dit saint Paul, qu’elle ait « les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et le bouclier de la foi » pour entreprendre un voyage de trois mois pendant lequel elle attrape la peste dont elle est guérie miraculeusement.   Elle entreprend ce voyage vers un pays tout neuf avec un but, apporter la consolation aux malades et à tous ceux qu’elle rencontre.

Mais il reste un élément essentiel, sans lequel, tout l’équipement de combat ne serait pas vraiment efficace contre les assauts du mal, c’est la prière. « Restez éveillés, soyez assidus à la supplication pour tous les fidèles. Priez aussi pour moi », nous disait saint Paul. La prière est ce dialogue avec Dieu qui nous permet de nous garder éveillés aux réalités spirituelles et nous dispose à vivre pour les autres à l’exemple de celle que nous fêtons aujourd’hui, la bienheureuse Catherine de Saint-Augustin.

Catherine avait une dévotion à la Vierge Marie, à saint Joseph et à Jean de Brébeuf qui venait d’être martyrisé et qu’elle prend pour modèle. Elle avait une dévotion toute particulière à l’Eucharistie qui était la source principale de sa force contre les tentations.

Sœur Catherine était venue en Nouvelle France pour rendre témoignage au Christ et le rendre visible. Elle connaissait celui qui se révèle à nous dans l’évangile, celui qui a nourri les affamés en multipliant les pains, qui a donné de l’eau vive à la Samaritaine ; celui qui a su accueillir les étrangers comme le centurion romain, qui a revêtu d’un vêtement neuf ceux qui revenaient vers lui à la manière de l’enfant prodigue. Il a libéré de leurs entraves des personnes enchaînées par leurs misères. Elle connaissait celui qui s’était fait proche d’un prisonnier qui était à côté de lui sur la croix.

Il se fait tellement proche des petits qu’il s’identifie à eux. « J’avais faim… J’étais malade… J’étais en prison… J’étais étranger. »  Les plus fragiles, les plus humiliés, les plus nécessiteux, c’est Jésus. C’est donc lui que Sœur Catherine a voulu rendre visible. Sœur Marie-Catherine de Saint-Augustin consacrera sa vie au service des autres, manifestant une charité exemplaire.

Un grand poète indien a écrit un jour :

« Je dormais et rêvais que la vie n’était que joie.
Je m’éveillais et je vis que la vie était service.
Je servis et je compris que le service était la joie. »

Le service, c’était la vie de Catherine. Saint François de Laval qui la connaissait de son vivant a écrit à son sujet : « Je n’ai besoin de choses extraordinaires qui se sont passées en elle pour être convaincu de sa sainteté ; ses véritables vertus me la font parfaitement connaître. »