Mgr J-C. Dufour- 6 mai 2020 – St François de Laval – Jean 10,11-16

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 6 mai 2020 – St François de Laval – Jean 10,11-16

 

Le 13 avril 1659, le jour de Pâques, un navire nommé « Le Sacrifice d’Abraham », un nom surprenant, quitte La Rochelle, en France, avec un groupe de chrétiens, dont Mgr François de Laval, premier évêque de Québec, avec pour but l’annonce de l’Évangile. Ils arrivent à Québec le 16 juin 1659. Toute la colonie est sur le quai, ainsi que de nombreux Amérindiens ; la ville retentit d’exclamations, du son des cloches et du bruit des canons du fort.  La population de la colonie, composée d’environ 2000 personnes, le reçoit sur le quai et de nombreux Hurons sont présents. Le jour même, Mgr de Laval baptise un petit Huron et se rend à la cabane d’un moribond pour lui administrer les derniers sacrements.

C’est déjà très révélateur. De fait, Mgr de Laval sera un pasteur à la manière de Jésus tel qu’on le décrit dans l’évangile d’aujourd’hui. Il n’est pas le genre de pasteur qui, voyant venir le danger, abandonne son troupeau. Il est comme on dit de Jésus : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent… et je donne ma vie pour mes brebis ».

La bienheureuse Marie de l’Incarnation écrit quelques jours après son arrivée : « Je ne dis pas que c’est un saint, ce serait trop dire : mais je dirai avec vérité qu’il vit saintement et en Apôtre. » Quoique de haute noblesse, il fait preuve d’une exquise simplicité évangélique qui lui attache les cœurs. »

Il a pris soin de la population en allant la rencontrer sur un vaste territoire. Il a sur pied des institutions d’éducation dont beaucoup ont su déployer une charité constante : des missionnaires Jésuites ont habité parmi des autochtones, jusqu’à donner leur vie. Marie de l’Incarnation, avec les sœurs Ursulines, enseigne aux jeunes filles alors que Catherine de Saint-Augustin, avec ses sœurs hospitalières, prodigue des soins de santé. Que leur charité et leur courage pour vivre l’Évangile soient pour nous un exemple à imiter.

Mgr de Laval et ceux qui l’accompagnaient sur le navire « La Sacrifice d’Abraham », dont le père Lalemant et plusieurs prêtres avaient pour but l’annonce de l’évangile. Ils étaient sans doute appelés comme nous à suivre les conseils de saint Paul dans la première lecture aujourd’hui. « Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire » « Mais, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère. »

Après sa démission, il se retire au Séminaire qu’il avait fondé. Il se consacre à la prière et au soin des pauvres. Dans la grande aventure que furent les débuts de l’Église canadienne, François de Laval a vécu dans le détachement et la pauvreté. Pas étonnant qu’il fut l’ami des grands et des petits, des Indiens et des Français, des gouverneurs de Québec, des fondateurs de Montréal et de Trois-Rivières.