Mgr J-C. Dufour- 4 mai 2020 – Luc 22,24-30

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 mai 2020 – Luc 22,24-30

 

Aujourd’hui, nous célébrons une bienheureuse de chez nous,  la fondatrice des Petites Sœurs de la Sainte Famille, Marie-Léonie Paradis.  Vous comprendrez que les lectures pour cette fête ont été choisies en fonction de ce qu’elle a été, de ce qu’elle a vécu, c’est-à-dire la charité et le service fraternel.

Saint Paul, dès le début de la première lecture nous dit : « Par-dessus tout cela, ayez l’amour, qui est le lien le plus parfait. »     Il parle d’expérience.  Pendant un certain temps, il a mis toute son énergie à persécuter le Christ, mais depuis qu’il est tombé de son cheval sur le chemin de Damas, il a compris ce qu’il y avait dans le cœur de Dieu, à la fois beaucoup d’amour pour lui et pour toutes les personnes que nous sommes. Non seulement Jésus nous aime, mais il nous apprend à aimer, à regarder notre sœur, notre frère avec le même regard que lui porte sur chacun et chacune de nous. Son hymne à l’amour est très révélateur là-dessus. Avec quelle conviction, il nous dit :  « Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus. »

La première chose qu’on peut faire ce matin, c’est de remercier le Seigneur d’avoir versé son amour en nos cœurs, cet amour qui nous rend capables d’écouter les autres, d’être attentifs et attentives aux préoccupations de nos proches, de partager avec eux le pain, les joies et les douleurs, de faire tomber les barrières de division, de construire l’unité comme le veut Jésus.  Marie-Léonie Paradis l’avait compris, elle qui disait : « Il faut donc nous redire sans nous lasser que notre œuvre principale, c’est la charité »

Saint Paul qui était l’apôtre des nations païennes, lui qui se chargeait de leur annoncer l’évangile n’était pas sans connaître l’évangile d’aujourd’hui, et surtout ce que Jésus avait enseigné sur la charité en la vivant lui-même en premier.  Il avait eu le loisir d’y réfléchir pendant six et sept ans après son bref séjour à Damas.

Au moment où Jésus célébrait la Pâque avec les disciples, au moment où il célébrait son dernier repas avec ceux, au moment où il leur annonce que l’un d’eux va le livrer,  les Apôtres  « en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ? »  (Luc, 22,24)   Aussi, Jésus  leur demande leur opinion : « lequel d’entre eux, à leur avis, est le plus grand ? »   Il leur dit qu’ils ne doivent pas se baser sur la société où les gens recherchent le pouvoir. Pour lui, c’est le service fraternel qui prime. Il en donne l’exemple par toute sa vie : « Eh bien, moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. »  Après leur avoir lavé les pieds, s’étant comporté comme celui qui sert, il leur avait même donné une béatitude : « Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. » (Jean 13,7) Le service fraternel devient une manière de faire pour vivre en harmonie avec les autres et un signe du royaume des cieux, déjà présent. C’est ainsi que nous pouvons ressembler davantage à notre maître et ami qui donne sa vie pour nous ; il nous demande d’en faire autant pour nos frères et nos sœurs.

Aujourd’hui, nous faisons mémoire de la bienheureuse Marie-Léonie Paradis, fondatrice de la communauté des Petites Sœurs de la Sainte-Famille qui soutenait les prêtres dans leur ministère. Ces femmes sont un modèle à la fois de service et de charité exemplaire, à la manière de notre maître.

Nous avons raison, il me semble, de faire nôtres les mots de la prière d’ouverture : « Seigneur, accorde-nous d’imiter les vertus de la bienheureuse Marie-Léonie Paradis, en puisant comme elle en Jésus, Prêtre éternel et Pain de vie, la force de suivre le chemin de l’évangile.