Mgr J-C. Dufour- 22 avril 2020 – Actes 5,17-26

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 22 avril 2020 – Actes 5,17-26

 

« Mais, pendant la nuit, l’ange du Seigneur ouvrir les portes de la prison et les fit sortir.  Il leur dit :  « Partez, tenez-vous dans le Temple et là, dites au peuple toutes ces paroles de vie »

Ce sont ces « paroles de vie » qui ont attirées mon attention.  Probablement que chacune de vous a une parole de vie,  une parole d’évangile qui vous a frappé, qui vous a fait du bien, et qui revient de temps à autre dans votre mémoire.  J’ai trouvé les témoignages de beaucoup de personnes qui ont partagé leur parole de vie.  J’en ai retenu deux, celui d’une femme et celui d’un homme.

Voici le témoignage d’une dame qui a été touchée par cet évangile où Jésus marche sur les eaux pour aller  à la rencontre de ses disciples dans la barque.  Quand il leur dit de ne pas s’inquiéter, Pierre lui demande :  « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » (Mt 14,28)   Voici  le commentaire de cette dame.

« C’est un texte qui me parle beaucoup.  Pierre entend l’invitation de Jésus et fait sans doute le pas le plus difficile en sortant de sa barque. Mais soudain, il quitte des yeux cet essentiel qu’est Jésus et se laisse absorber par la tempête qui l’entoure : il perd alors pied. Pourtant, dès qu’il appelle Jésus, celui-ci est toujours là, disponible.

Je ressemble beaucoup à Pierre dans la mesure où j’accorde difficilement ma confiance, dans la mesure où je fais beaucoup d’aller et retours entre ma barque et la tempête, dans la mesure où de nombreuses distractions me font perdre de vue l’essentiel et me rendent indisponible à Dieu et aux autres. Je me rends compte par ailleurs que dès que je me recentre sur ce Jésus qui me tend la main, j’avance plus sereine et plus aisément.

L’idéal serait pour moi de toujours avancer dans le tourbillon de la vie en tenant avec confiance la main de Jésus, cette main toujours disponible, qui appelle, qui apaise et qui aime ; cette main qui me permet à mon tour d’être disponible, d’appeler, d’apaiser et d’aimer ceux que je côtoie. Avec cette confiance et cet accueil tout simple de Dieu, de grandes choses sont possibles, soyons-en persuadés. »

Voici maintenant le témoignage d’un homme sur cet évangile qu’on a lu il n’y a pas si longtemps,  quand après sa résurrection, Jésus se manifeste sur les bords du lac de Tibériade.  Voici son commentaire.

« C’est sur les bords de ce même lac que Jésus avait rencontré Pierre pour la première fois et l’avait invité à le suivre. Des poissons grillés et des pains ont mystérieusement été préparés pour les disciples mais pas un mot n’est dit sur ce repas, comme si l’on avait déjeuné en silence, l’événement étant trop solennel pour qu’aucun n’ose prendre la parole.

Nous assistons alors au tête-à-tête entre Jésus et Pierre, comme si c’était là le véritable motif de la présence de Jésus sur les berges du lac ce matin-là. Jésus, bien que ressuscité, paraît vulnérable dans ce récit. A trois reprises, il demandera à Pierre : « Pierre, m’aimes-tu ? » Une question extraordinaire dans la bouche du Ressuscité, car c’est son humanité qui s’y révèle.

« Pierre, m’aimes-tu ? »

Comme si les liens noués ici-bas importaient encore pour Jésus, lui qui est passé de ce monde-ci à son Père. Comme s’il nous ressemblait plus que jamais dans son désir d’être aimé. »

L’ange « leur dit :  « Partez, tenez-vous dans le Temple et là, dites au peuple toutes ces paroles de vie.   Ils l’écoutèrent ;  dès l’aurore, ils entrèrent dans le Temple, et là, ils enseignaient »  Puissions-nous comme les Apôtres, comme la femme et l’homme que nous avons entendu, dire des paroles de vie.  C’est une belle façon de proclamer l’évangile.