Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 1 avril 2020 – Jean 8,31-42
Y a-t-il un le point commun entre les trois jeunes gens dans la fournaise et la discussion entre les Juifs et Jésus ?
Dans la première lecture, les trois jeunes hommes refusaient d’obéir aux ordres du roi : « Le roi Nabucodonosor leur parla ainsi : « Est-il vrai, Sidrac, Misac et Abdénago, que vous refusez de servir mes dieux et d’adorer la statue d’or que j’ai fait ériger ? » (Daniel 3,14) En refusant d’obéir, ces jeunes seront jetés dans une fournaise. Où prenaient-ils leur force pour refuser ainsi d’obéir au roi ? Dans leur foi ! Ils appartiennent au Dieu de leurs pères, au Dieu d’Abraham, au Dieu qui les a déjà faire sortir d’Égypte, répondent-ils au roi. Ce qu’il a fait autrefois en Égypte, notre Dieu peut très bien le refaire pour nous et nous sauver de la mort. Et même s’il ne le fait pas, nous n’adorerons pas d’autres dieux, pas plus que la statue d’or que tu as érigée. Nous pouvons être émerveillés devant leur réponse au roi. Quel calme! Quelle confiance! Pas de crainte, pas d’hésitation.
Dans l’évangile, les Juifs utilisent un argument semblable lors de leur discussion avec Jésus. Eux aussi parlent de leur père Abraham, mais que de différences avec les trois jeunes. Il y a un drame qui se prépare.
Première différence ! Leur vraie situation, c’est qu’ils sont pécheurs et qu’ils refusent de la reconnaître. Pourtant, s’ils le reconnaissaient, ça les rendrait libres : c’est la promesse que Jésus leur fait. Mais pour que cette promesse se réalise, il faut qu’ils acceptent de se transformer, au moins de s’ouvrir à la possibilité d’un changement au contact de Jésus. Ce contact avec Jésus qui peut les sauver, parce que lui, Jésus, jouit d’une autre relation, il n’est pas un esclave, mais un Fils. Il leur offre de le devenir des fils à leur tour, mais ils doivent de le reconnaître, ce qu’ils refusent.
Et puis Jésus passe à une autre étape : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham ». Il fait remarquer qu’Abraham, tout au long de sa vie, n’a jamais cessé de vivre et d’agir suite à la parole qui se révélait à lui, mais eux, ils refusent d’écouter la Parole de Jésus, la Parole qui vient d’un Autre, de son Père. Le salut, c’est avoir foi en Jésus, c’est croire que ce qu’il dit il va le faire. Mais ils refusent toujours.
Finalement, Jésus les pousse encore plus loin en les amenant à l’amour : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé »… Cette foi, la tension est extrême ! Il n’y a plus de conciliation possible. Le drame est en route… Cette vérité conduira Jésus au désastre. Jésus donnera sa vie pour que nous pussions recevoir cette réconciliation. Par sa mort, il manifestera la vérité et l’amour.
Les trois jeunes hommes risquent d’être jetés dans le feu et Jésus sera mis sur une croix. Saint Jean a écrit cet évangile dans un temps de persécution. Comme au temps de Jésus, les premiers chrétiens sont durement mis à l’épreuve, ils subissaient l’hostilité des Juifs qui prétendaient être dans la tradition d’Abraham. Saint Jean leur recommande de demeurer fidèles à la Parole de Dieu comme Abraham. Et plus encore, il leur rappelle que « L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; mais que le fils, lui, y demeure pour toujours. »
