Mgr J-C. Dufour- 25 mars 2020 – Annonciation – Luc 1,26-38

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 25 mars 2020 – Annonciation – Luc 1,26-38

Je me suis laissé guider par deux approches en préparant mon homélie.  D’abord je me suis demandé,  à la fête de l’Annonciation, on annonce quoi?  Ensuite, j’avais trouvé une petite phrase dans votre Directoire spirituel toute simple et très profonde :  « Faire de Jésus, le centre de notre vie. »[1]   J’étais convaincu que la fête de l’Annonciation, la troisième grande fête de la communauté,  vient donner une profondeur à cette petite phrase de votre Directoire spirituel.

Qu’est-ce qu’on annonce à la fête de l’Annonciation?

Bien sûr, on célèbre l’annonce de  l’ange à Marie et sa réponse!   Mais est-ce seulement un souvenir qui nous vient de notre histoire ?   Se peut-il que la réponse que Marie fait à l’ange devienne aussi la nôtre? « Qu’il me soit fait selon ta parole! »  C’est déjà beaucoup!   Mais ce n’est pas suffisant.   Il faut prendre conscience que, dans la deuxième lecture,   le mot « corps » se trouve dans la première phrase et dans la dernière comme pour encadrer tout le message et pour attirer notre attention priante.  On y annonce donc que le Christ, le fils de Dieu, s’est laissé façonné un corps, qu’il l’a voulu, désiré afin de sanctifier les humains selon la volonté de Dieu.  Ainsi, la Vierge Marie, en son corps de femme enceinte, est le Temple de Jésus,  Fils de Dieu qui a voulu devenir homme pour nous sauver.

En répondant à l’ange :     « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole »Marie utilise  les mêmes  mots que la deuxième lecture fait dire au  Christ à partir d’un psaume : « Me voici, je suis venu mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. »  (Ps 40,7)  Cette même réalité est déjà exprimée, à travers d’autres mots, dans votre Directoire Spirituel qui dit : « Faire de Jésus,  le centre de sa vie. »

Qu’est-ce qu’on annonce à la fête de l’Annonciation?

En plein milieu du Carême, on annonce la venue du Fils du Très-Haut sur la terre, d’un saint roi de la lignée de David.  Et par lui, on annonce le salut, la paix pour Israël, la présence même de Dieu, au milieu de son peuple.   Vraiment, il y a là de quoi se réjouir comme Jean-Baptiste qui tressaille d’allégresse dans le sein de sa mère.  Il y a lieu de se réjouir comme Élisabeth qui s’écrie devant Marie :  « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni ». « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Les deux femmes ont raison d’exprimer un Magnificat.   Je prie le Seigneur de vous aider à entrer dans cette prière reconnaissant que « la miséricorde de Dieu s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. »  Entrer dans cette joie profonde de la visite de Dieu chez nous,  c’est aussi et encore  « Faire de Jésus, le centre de notre vie».

Qu’est-ce qu’on annonce à la fête de l’Annonciation?

En plein carême, la proclamation de la lettre aux Hébreux que nous avons écoutée fait  discrètement mention de la passion du Christ.  « Il est impossible que du sang de taureaux et de boucs enlève les péchés… aussi en entrant dans le monde, le Christ dit… Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté. »  Le Vendredi Saint, nous reprendrons à nouveau la lettre aux Hébreux qui nous parlera moins de la naissance et plus du sacrifice pour libérer l’humanité. «  Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect.  Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance  et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. » (Hébreux 5,7-9)

Dans votre Directoire spirituel, on dit quel moyen nous avons de « faire de Jésus le centre de sa vie… c’est l’attention et l’union à mes douleurs;  ce chemin, c’est mon cœur transpercé.  Il vous conduira directement aux sources vives qui jaillissent du cœur du Sauveur et où vous viendrez puiser avec joie l’esprit de votre vocation… »[2]

[1] Directoire spirituel,  premier document, 2ième  partie, article 3.

[2] Directoire spirituel, premier chapitre, 2ième partie, article 3.