Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 20 mars 2020 – Osée 14,2-10 et Marc 12,28b-34
Le prophète Osée est déçu, triste. Son peuple a abandonné son Dieu. Il fabriquait des ouvrages pour déclarer « Tu es notre Dieu ». En réalité, ces ouvrages sont des idoles inertes et sans vie. Il n’hésite pas à dire à son peuple : « Tu t’es effondré par suite de tes fautes ». C’est à cause de ton infidélité que tu t’es mérité la déchéance dans laquelle tu te trouves.
Alors le prophète proclame haut et fort l’amour de Dieu. . « Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit. Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis… » Et, ça continue pour la moitié de la lecture. Autrement dit, ce que Dieu veut, c’est reconquérir son peuple parce qu’il a conclu une alliance avec lui, une alliance sans fin.
Pour exprimer jusqu’à point il a saisi l’attitude amoureuse de Dieu, Osée prend sa propre histoire en exemple. Il est marié avec une épouse qui a commis l’adultère, mais il ne veut pas rompre avec elle ; il ne veut pas témoigner contre elle, ce serait la vouer à une mort tragique. Au contraire, il s’efforce de lui montrer comment est fort son amour jusqu’à oublier sa faute. L’histoire d’amour d’Osée devient comme le vrai portrait de l’amour que le Seigneur porte à Israël.
Le psaume qui suivait cette lecture confirmait ce que nous disait Osée. Le peuple s’était fait d’autres dieux et il servait même des dieux étrangers, aussi le cœur de Dieu se désole de voir son peuple s’éloigner de lui malgré tout ce qu’il avait fait pour lui. On comprend le cri qu’il exprime : « Ah ! Si mon peuple m’écoutait ! », s’il m’écoutait, pas pour lui annoncer une punition, pas pour lui annoncer une mort tragique, mais pour lui redire que c’est bien lui qui l’aime toujours. « Ah ! Si mon peuple m’écoutait, s’il allait mes chemins, je le nourrirais de la fleur du froment, je le rassasierais avec le miel du rocher. »
À la question d’un scribe dans l’évangile, Jésus répond dans le même sens que la première lecture et le psaume, en mettant l’accent sur l’amour : aimer Dieu et son prochain comme soi-même. Et le scribe confirme que Jésus donne la bonne réponse, ce qui montre bien que les savants religieux n’étaient pas tous de simples hypocrites cherchant leur propre intérêt. Aimer est l’acte le plus divin qui soit. Disposons-nous à accueillir l’abondance de l’amour d’un Dieu qui veut nous voir grandir, fleurir, exhaler un parfum exquis ? Méditons sur la question d’Osée à la fin de la première lecture : « Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? »
