Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 février 2020 — Marc 8,34-9,1
Il ne faut pas penser que Jésus s’adresse à quelques personnes en particulier. Saint Marc prend bien soin de mentionner que Jésus appelle la foule et ses disciples autour de lui. C’est à tous que son message est adressé et à nous aussi aujourd’hui.
Dans nos vies, nous avons toujours à choisir entre deux modes de vie qui sont incompatibles : le premier, suivre nos propres penchants, ou, le deuxième, « prendre sa croix » et suivre Jésus. Qu’est-ce que ça veut dire « porter sa croix » ? Ça veut dire ne pas avoir honte de Jésus ni de ses paroles. Prendre sa croix et suivre Jésus, ça veut dire aussi nous engager résolument sur le chemin escarpé de la charité. Ça va loin ! Ça va même continuer dimanche prochain quand Jésus nous dira « Aimez vos ennemis ! », « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ! »
C’est seulement au chapitre 8 de son évangile, et en particulier dans l’évangile d’aujourd’hui que saint Marc nous parle, pour la première fois de la croix, et chose étonnante, il ne parle pas de la croix de Jésus, mais de celle des disciples.
Ça rejoint ce que saint Jacques nous disait dans la première lecture : « Si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? » La femme de l’homme le plus riche du monde disait qu’il fallait en donner la moitié. C’est vrai que ce couple très riche était très actif dans le développement des pays les plus pauvres. Mais s’il faut attendre d’être milliardaire avant de faire quelque chose, on risque d’attendre bien longtemps.
Il n’est sans doute pas inutile non plus de nous rappeler que le premier signe que le prêtre a fait sur nous le jour de notre baptême, était le signe de la croix, comme pour bien signifier déjà, que nous nous engageons, dans la foi, à porter notre croix, pendant toute notre vie, à la suite de Jésus.
Oui, c’est un message exigeant que nous entendons aujourd’hui, mais il faut le situer avec un autre message, une autre vérité que nous partageons, la résurrection de Jésus, au matin de Pâques. Au jour de Pâques, nous avons vu le règne de Dieu venir avec puissance. Et depuis ce jour, nous savons que la mort n’aura jamais le dernier mot. Nous avons la certitude de pouvoir un jour entrer dans la vie.
Au cours de notre célébration, demandons au Seigneur la force de nous arracher à nous-mêmes pour prendre notre croix et le suivre, d’honorer son nom en paroles et en gestes, et de le suivre sur le chemin escarpé de la charité.
