Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 29 janvier 2020 – Marc 4,1-20
Qui que nous soyons, nous avons besoin de vivre en liens avec d’autres personnes, nous avons besoin de dialogue. On raconte que pendant la guerre, des médecins allemands firent des expériences médicales sur les enfants. Dès leur naissance, on les mettait en salle avec défense absolue de leur parler. Après quelque temps, ces enfants mouraient. Un enfant qui ne trouve pas de vis-à-vis pour entrer en dialogue, pour l’aider à grandir, peut en mourir. Et on sait bien que trop de personnes âgées s’éteignent simplement parce qu’elles n’ont plus personne à qui parler.
Ce n’est pas pour rien que la Bible nous dit, dès les premières pages, que Dieu a créé l’être humain pour entrer en dialogue avec lui et ses semblables. Nous en avons un bel exemple aujourd’hui.
Imaginez un moment que le Seigneur s’adresse à nous comme il le fait pour David, d’une manière on ne peut plus personnelle. « C’est moi qui t’ai pris au pâturage », « J’ai été avec toi partout où tu es allé», « Je t’ai fait un nom aussi grand que celui des plus grands de la terre », « Je fixerai en ce lieu en ce lieu mon peuple Israël… » Devant le rêve de David de construire un temple, le Seigneur réplique : « C’est moi qui te construirai une maison », « je te susciterai dans ta descendance un successeur. » Dieu s’adresse à David comme un père à son enfant. On peut comprendre que David peut jouer sa vie sur cette parole du Seigneur à son endroit.
On sent que Jésus, dans l’évangile, a la même préoccupation. Il nous rappelle comment nos relations avec Dieu sont importants. Il nous rappelle comment il est important que le canal entre Dieu et le cœur de l’être humain reste ouvert. C’est une question de vie. C’est le sens de l’évangile aujourd’hui, de la parabole de Jésus, de la semence qui est tombée au bord du chemin, dans des endroits pierreux ou dans les ronces, et finalement de celle qui est tombée dans la bonne terre. « Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent pour un. » Ce qui fait vivre, c’est la parole de Dieu. Nous aussi, comme David, nous pouvons jouer notre vie sur la parole de Jésus.
Tellement une question de vie qu’il n’y a pas de discrimination en Jésus : tous les terrains de notre être reçoivent la semence… à nous d’écouter, de discerner pour qu’ « envoyés, nous portions beaucoup de fruits ».
