Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 5 janvier 2020 – Épiphanie – Matthieu 2,1-12
« Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère ;
et tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. »
Comme les mages, nous sommes venus, ce matin, pour rendre hommage à Jésus, nous prosterner, ouvrir nos coffrets, c’est-à-dire nos cœurs, pour lui offrir ce que nous avons de meilleurs : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
L’or, un métal précieux, symbole de richesse. Aujourd’hui, nous sommes venus offrir au Seigneur ce que nous avons de plus précieux, les richesses de notre cœur : nos amours de Servantes de Jésus-Marie, nos amours d’époux et d’épouses, nos amours de père et de mères, nos amitiés, nos solidarités, nos sympathies, nos gestes d’accueil, de partage. Il n’y a rien de plus grand que nos amours, il est le premier de tous les commandements, comme l’or le plus précieux.
On peut dire que c’est un présent qui convient bien au Seigneur : il est lui-même un Roi d’amour et de miséricorde, de justice et de bonté, celui en qui nous pouvons trouver toutes ces richesses que ni les vers, ni les mites ne peuvent ronger. Tout est enveloppé dans le règne de son amour.
Deuxième présent des Mages, de l’encens, considéré lui aussi comme l’un des biens les plus précieux. L’encens avait une valeur équivalente et même supérieure à l’or. Pas étonnant qu’elle était réservée à des gens importants, comme les rois et les princes. Il y en avait toujours qui brûlait dans le temple de Jérusalem. L’encens, c’est le signe de la prière qui s’élève de nos cœurs pour monter jusqu’à Dieu ; signe aussi de respect pour quelqu’un que nous estimons beaucoup.
Un autre présent bien ajusté à Celui à qui nous l’offrons, parce que Jésus s’est souvent retiré à l’écart pour prier, parce qu’Il a prié dans la souffrance et les larmes, parce qu’Il a présenté sa vie à Dieu un sacrifice d’agréable odeur. C’est un présent qui lui convient très bien parce que Lui-même a un respect sans limites pour les êtres que nous sommes.
Encore un présent qui convient bien au Seigneur. Ouvrons les coffrets de nos cœurs pour offrir au Seigneur notre prière qui, comme un parfum agréable, manifeste notre foi au Christ ressuscité, qui est signe de respect de Dieu, de notre respect des êtres et des choses. Présentons au Seigneur l’encens de nos prières personnelles et communautaires, de toutes ces prières qui surgissent au cœur de ces évènements qui font nos vies.
Troisième présent des Mages : c’est la myrrhe, aussi précieuse que l’encens et recherchée pour son parfum. On s’en servait pour embaumer les morts. Elle n’est pas sans nous rappeler l’humanité du Seigneur dès le début de son existence. Elle est symbole de peine et de souffrance, signe d’espérance et de résurrection.
Aujourd’hui, nous pouvons ouvrir nous aussi nos coffrets, nos cœurs, pour offrir au Seigneur la myrrhe de nos souffrances et de nos difficultés, lui offrir nos peines, nos soucis, nos deuils, nos brisures, tout ce qui nous tracasse, mais lui offrir aussi nos rêves et nos espoirs, nos faims, nos soifs d’amour, de communion et de paix.
Ça aussi, c’est un présent qui convient bien au Seigneur : parce que nous reconnaissons en Lui Celui qui est descendu du ciel pour venir vivre avec nous nos vies d’homme et de femmes, en vivre le succès et les échecs, celui qui souffrira, qui mourra sur une croix et qui, ressuscité le troisième jour est le premier-né d’entre les morts, le chemin de nos espoirs.
Aujourd’hui, prions le Seigneur pour que, comme les Mages, nous soyons toujours des chercheurs de Dieu, afin nous venions nous prosterner devant lui, pour ouvrir les coffrets de leur cœur, pour offrir ce que nous avons de plus précieux : l’or de nos amours, la myrrhe de notre espérance, l’encens de notre respect et de nos prières.
