Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 20 décembre 2019 – Isaïe 7,10-14
Nous avons ce matin, comme première lecture, la même que nous avions lors de la fête de la Bienheureuse Vierge Marie de Lorette qui vous rappelait un moment si important de la communauté.
En relisant le texte du prophète Isaïe, nous retenons facilement la promesse qu’il contient : « La vierge est enceinte, elle enfantera un fils ». C’est beaucoup, mais il y a encore bien plus.
Sans le savoir, avec cette lecture, nous assistons à une des pages les plus dramatique du peuple d’Israël. Le roi Acaz n’a que 20 ans et vient tout juste de monter sur le trône à Jérusalem. Son royaume est menacé par le roi d’Assyrie et par roi de Damas. De plus, son royaume est menacé par ses propres divisions qui luttent l’une contre l’autre. Il a tout un défi devant lui et se doit de prendre de graves décisions.
Acaz est pris de panique. Pour s’en sortir, lui, le dépositaire de la foi au Dieu unique va jusqu’à offrir des sacrifices aux idoles païennes. C’est à ce moment que se trouve la lecture d’aujourd’hui. Pour le fortifier dans sa foi, le prophète lui recommande de demander à signe à Dieu. Il lui dit : « puisque tu as du mal à croire, demande à Dieu un signe ; tu peux le demander sur les hauteurs ou dans les vallées…Dieu règne partout ».
Et le roi de lui répondre : « Non, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve ». C’est une réponse des plus hypocrites. En effet, Acaz a déjà pris une décision contraire au conseil du prophète et, pire encore, il a sacrifié son fils unique aux idoles païennes, son seul fils sur qui reposait la promesse de Dieu. Mais le prophète ne se laisse pas tromper et dit : « Il ne vous suffit pas de fatiguer les hommes, il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu. » Quand le prophète dit « Mon Dieu »; il estime qu’il n’est pas le Dieu d’Acaz qui se conduit comme quelqu’un qui n’est plus dans l’Alliance.
C’est là que la promesse de Dieu prend un grand relief. Même si Acaz se montre infidèle, Isaïe annonce que Dieu, lui, reste fidèle, et il va en donner la preuve : le jeune femme est enceinte; et l’enfant qu’elle va enfanter s’appellera justement « Dieu est avec nous ». Ce n’est pas Acaz qui s’est montré infidèle ni les ennemis qui veulent le détrôner que vont empêcher Dieu de réaliser les promesses qu’il a faites à la descendance de David et à son peuple.
Bien sûr, il restera que les hommes et les rois seront libres et commettront toujours des erreurs, mais la prophétie du prophète demeurera toujours valable. Quelles que soient les infidélités des hommes, rien n’empêchera la fidélité de Dieu promise à David et sa descendance. C’est le grand message d’aujourd’hui.
C’est ainsi que, de siècle en siècle, on gardera à cœur les promesses de Dieu avec la certitude qu’un jour viendra enfin la promesse de Dieu : « La vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (C’est-à-dire : Dieu-avec-nous) », Jésus, le fils de Joseph et de Marie.
