Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 18 décembre 2019 – Matthieu 1,18-24
On est en présence de trois titres donnés au Messie dans les textes d’aujourd’hui : Dieu sauve, Dieu-avec-nous, le Seigneur-est-notre-justice, trois titres qui projettent un éclairage sur sa mission.
Un Ange apparaît à Joseph pour lui dire que son épouse aura un fils engendré par l’Esprit Saint, et il ajoute : « Tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le Seigneur sauve) ». Pourtant un peu plus loin, toujours dans le même évangile, Matthieu nous rappelle une prophétie du prophète Isaïe : « Elle enfantera un fils, on lui donnera le nom d’Emmanuel, que se traduit : « Dieu-avec-nous ». Un premier titre qui insiste sur le salut qu’apportera le Messie et un deuxième qui parle de sa présence, « Dieu-avec-nous ».
Matthieu a fait lui-même le salut de Dieu quand Jésus est allé le chercher à sa table d’impôt ; on comprend qu’il semble insister plus sur le salut. Pensons aux situations d’injustice qui existent dans notre monde. Lorsque des dettes pèsent sur les parents au point qu’ils n’arrivent même pas à nourrir leurs enfants, est-il plus urgent de sentir une présence ou une aide matérielle que peut les sauver ? Matthieu a fait le premier l’expérience du salut de Dieu ; il a vite réalisé que Dieu était avec nous, en particulier avec les pécheurs.
Dans la première lecture qui est du prophète Jérémie, on dit : « Voici le nom qu’on lui donnera : « Le Seigneur-est-notre-justice ». Avant de donner ce nom au Messie, Jérémie avait d’abord insisté sur l’inquiétude du Seigneur qui voyait son peuple sans berger ; il se plaint de l’attitude de ses pasteurs qui délaissent leur brebis et qui sont bien loin de refléter l’image de Dieu. Alors c’est lui-même, notre Dieu, qui se chargera de conduire son peuple en lui octroyant un berger selon son cœur qu’on nommera « Le Seigneur-est-notre-justice », quelqu’un qui sera à la fois présent et agissant par son salut.
Cette justice du Seigneur répondra aux aspirations les plus profondes du cœur humain. Elle est l’attente la plus profonde des pauvres, des laissés pour compte, de ceux et celles dont les droits sont bafoués. Nous portons un désir profond de justice quand tout semble bloqué. La justice devient une présence gratuite du Seigneur, en faisant justice, il vient redresser notre cœur vers l’espérance.
Qui est « Le Seigneur-est-notre-justice » ? Nous le connaissons, c’est le Christ Jésus. Il est à la fois un Dieu-avec-nous et un Dieu qui sauve, il est notre justice. Aussi, nous pouvons être assurés que le Seigneur écoute notre prière, comme celle de ce matin, qu’il prendra lui-même notre défense puisqu’il nous considère comme la prunelle de ses yeux.
