Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 20 août 2019
(Juges 6, 11-24a – Matthieu 19, 23-30)
Veux-tu bien me dire pourquoi que ça m’arrive ? Question que j’entends parfois ! Question qu’on se pose de temps à autre ! Question que j’aurais pu me poser vendredi dernier, premier jour de vacances.
C’est la question que Gédéon se pose dans la première lecture. Tout jeune et bon combattant. Il connaît bien l’ennemi qui poursuit son pays. Ça lui pose problème : « Que sont devenus tous ces prodiges que nous ont racontés nos pères ? » Il se souvient des merveilles d’autrefois, comme la sortie d’Égypte, mais il constate cette fois-ci que c’est l’ennemi qui a le dessus. Alors il se demande : « Veux-tu bien me dire pourquoi ça arrive? Le Seigneur est-il vraiment avec nous ? » Il va jusqu’à mettre en doute l’identité de l’ange : « Si le Seigneur est avec nous, pourquoi tout cela nous est-il arrivé ? » Et il lui demande un signe pour savoir s’il devrait croire ou ne pas croire, suivre ou ne pas suivre ce que l’ange lui demande. Finalement il choisit d’embarquer dans la mission qui lui est confiée, même s’il ne sait pas trop comme ça va se faire, comme c’est possible.
La réponse que Gédéon avait besoin d’entendre, on la trouve dans l’évangile. Il se demande comme il pourrait sauver son pays puisque son clan est le plus faible et lui le plus petit dans la maison de son père. Jésus vient d’affirmer à ses disciples qu’il est très difficile pour un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux. Alors les disciples, profondément déconcertés, s’exclament : « Qui donc peut être sauvé ? » Comme Gédéon, ils ne voient plus comment c’est possible d’être sauvé. Et Jésus de leur répondre : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible ! »
Les deux lectures viennent bien nous rejoindre ce matin. Quand nous sentons que les moyens nous manquent, Dieu vient nous dire : « Je suis là ! » Quand nous sentons que la tâche est bien trop lourde, il vient nous soutenir. C’est vrai qu’il nous demande de nous dépouiller un peu comme il l’avait demandé à ses disciples, pour nous empêcher de nous enorgueillir de notre réussite. C’est lui qui est le Souffle de Vie, l’architecte qui bâtit la maison, qui pourvoit tout le nécessaire. Il nous prie d’être s ses collaborateurs et collaboratrices. Si nous acceptons de l’être, nous pouvons lui faire confiance, il sera toujours là en temps opportun.
