Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 août 2019 – Saint Laurent
(Jean 12, 24-26)
Au moment où Jésus entrait à Jérusalem, « Les gens prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient “Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le roi d’Israël !” (Jn 12,13) Après ce triomphe, des disciples viennent dire à Jésus que Grecs venus à Jérusalem pour la Pâques voudraient le voir. C’est à ce moment que Jésus annonce à ses disciples son départ de ce monde en utilisant l’image du grain de blé tombé en terre.
“Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas”. Au moment où il est mis en terre, le grain de blé traverse une période de noirceur totale. Aucune lumière ! Il n’est plus lui-même, et pourtant pendant cette période, il reçoit une autre nourriture, de l’eau, de l’engrais, des minéraux qui sont dans le sol, ce qui l’aide à se transformer pour entrer dans une nouvelle phase, une phase de croissance. Et quand celle-ci sera terminée, le grain de blé mort en terre pourra donner une quantité d’autres grains de blé et nourrir des milliers de personnes.
C’est bien l’histoire de Jésus ! Il a été mis en terre comme le grain de blé, il a vécu une période de grande noirceur, mais il est ressuscité le matin de Pâques, et depuis ce temps il a pu nourrir des milliers et des milliers de personnes pendant des siècles dont nous aussi aujourd’hui.
Je viens de dire qu’au terme de sa croissance, le grain de blé mis en terre produit beaucoup d’autres grains de blé. Un de ces grains de blé est celui que nous fêtons aujourd’hui, saint Laurent, un jeune diacre brûlé vif à Rome.
Il était chargé de distribuer des secours aux indigents de la communauté romaine, comme l’avaient fait autrefois les diacres de l’Église primitive dans la communauté de Jérusalem. Voyant Laurent venir au secours des indigents, un magistrat romain persuadé que l’Église possédait d’immenses richesses alla informer l’Empereur qui résolut de confisquer les biens de l’Église pour renflouer les caisses de l’État. Il convoqua Laurent et le somma de lui remettre tous ses biens. Peu de temps après, le jeune diacre se présenta devant lui avec une foule d’indigents : “Voici, dit-il, le vrai trésor de l’Église, ils convertissent nos aumônes en trésors inestimables pour nous.”
